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Yaoundé : les journées d’ assainissement à deux vitesses dans les marchés

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Alors que les commerçants de Mvog-Mbi se plient à cette règle, certains de Mokolo n’entendent pas rater une journée de travail.

Il est 7 heures au marché Mvog-Mbi mardi dernier, lorsque l’on observe que la route qui mène au marché Mvog-Atangana-Mballa est barrée. Aucun véhicule ne circule. La rue est recouverte de poussière. L’on peut voir des tas d’ordures disposés le long de la chaussée. La majorité des personnes sont engagées dans le ménage. « Je suis là depuis 6 heures pour nettoyer mon comptoir», affirme Irène Magne, commerçante. Ce sont les propriétaires d’espaces commerciaux qui font l’ assainissement. Aucune boutique n’est ouverte à cette heure de la matinée. Même les vendeurs ambulants n’y figurent pas. Seuls les conducteurs de brouettes sont présents pour venir en aide aux vendeurs. « Nous sommes très heureux lorsque nous voyons notre marché aussi sain, après l’avoir nettoyé. Même l’atmosphère change», estime un riverain.

Assainissement qui ne relève pas du bon vouloir des commerçants, mais d’une décision prise par le responsable du marché, approuvée par les autorités compétentes. «La note signée par le sous-préfet de Yaoundé IV donne lieu à la fermeture des boutiques de Mvog-Mbi et de ses environs de 6h à11h», explique Pantaleon Ndjana, chef du marché. De plus, « il est question pour chaque tenancier d’un espace commercial et même pour tout commerçant de s’impliquer dans l’ assainissement de leur milieu de travail, ceci depuis le 10 mai dernier», ajoute-t-il.

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Contrairement à ce dernier, assainir le marché Mokolo n’est pas la préoccupation de tous. « C’est Hysacam qui vient le mercredi balayer et ramasser les ordures», lance Eric, un commerçant. Tandis que certains nettoient leurs emplacements, d’autres qui ont ouvert leurs alimentations s’échinent à mettre en fond sonore des spots publicitaires qui font la promotion de leurs produits, surtout en cette période de rentrée scolaire. «Nous, on ne ferme pas notre boutique le mercredi, car on ne dépend pas de l’Etat», déclare la caissière d’un supermarché de la place. L’on peut même apercevoir des vendeurs à la sauvette qui s’amusent à présenter leurs produits à tous ceux qui circulent. Ces derniers se livrent à ces activités, malgré les sanctions qu’ils pourraient subir si jamais les éléments de la communauté urbaine venaient à les surprendre : la perte de leurs marchandises et le paiement d’une amende.

Ils préfèrent courir le risque car, selon eux, ces heures et jours d’ assainissement ont des inconvénients énormes sur les entrées financières. « Vu que j’ouvre mon comptoir à partir de 12 heures, je perds la recette que me font généralement les ménagères. Là, j’espère avoir au moins la recette des fonctionnaires dans la soirée », relève Hamidou.

Sonia Omboudou

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