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Yaoundé : La monnaie de remboursement se vend desormais

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Ils sont nombreux aujourd’hui, ceux dont la principale activité consiste à changer de billets de banque au bénéfice de quelques pièces.

Le recrutement pour le corps des militaires est ouvert depuis peu aux chercheurs d’emploi. Henri Ebolo Ntsama, candidat au recrutement et dont le seul objectif est de se faire une place dans ce corps d’élite, doit fournir certains documents légalisés, mais, ce dernier est confronté à une situation : à la mairie de Yaoundé I, pour la photocopie de l’acte de naissance qui nécessite deux timbres communaux et un timbre fiscal, la dame du guichet lui fait savoir qu’elle n’a pas de monnaie pour apposer sur la copie de son acte, le timbre de 1000 Fcfa. Ce dernier s’empresse de trouver la monnaie, précieux sésame pour la tenue conforme de ses documents.

A quelques encablures de la mairie, pour obtenir ce dont il a besoin, tout le monde ne lui donne qu’une seule adresse : Louis Paul. C’est un individu, la trentaine révolue, qui possède une poussette dans laquelle on peut voir biscuits, bonbons, chewing-gums, stylos à billes, chemises à sangles, trombones, etc. En fait, tout ce qui participe à la constitution d’un dossier d’appel à candidature.

«J’ai été surpris de constater que pour changer 10.000 Fcfa, il m’a remis 9.800 et pour 5.000 Fcfa, je perdais 100 Fcfa. L’argent qui m’a été remis par ma mère est compté au centime près avec le décès de mon père en l’an 2000, les choses ne sont pas faciles», affirme Henri Ebolo Ntsama.

Pour beaucoup de Camerounais, surtout pour ceux résidant à Douala, le principe n’est pas nouveau. Dans les stations de service, le procédé est connu de tous. Emile Elo’o, propriétaire d’un point de vente de produits brassicoles, confie :

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«Avant de servir la boisson à notre clientèle, nous demandons l’argent. Sur tous les murs, une affiche indique : payez avant d’être servi. Lorsqu’un client tend un gros billet après avoir consommé, nous retranchons ce que nous perdons en allant changer son argent soit dans une station, soit chez un tiers au quartier».

Ces derniers avouent que depuis un certain temps, les choses se compliquent parce que même les stations-service qui nous approvisionnent souvent manquent de pièces de rechange en particulier et de monnaie de rechange en général.

Un pompiste, sous cape, à Tsinga, un quartier de Yaoundé, confirme que «nous-mêmes nous ne parvenons pas à bien mener notre travail, faute de monnaie. Généralement, les gens savent que dans les stations, ce genre de problèmes sera résolu. Depuis un certain temps, nous aussi, sommes à la recherche de la monnaie pour que notre travail soit plus facile».

L’opinion s’interroge sur la rareté et la difficulté qui se posent à avoir de la monnaie, puisqu’elle s’achète de nos jours. L’occasion faisant le larron, certaines personnes se font la part belle grâce à cette pénurie de monnaie qui grandit au fil du temps.

Thierry Etoundi

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