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Yaoundé est-elle la prochaine cible de Boko Haram ?

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On est en droit de se poser cette question, eu égard au triple attentat qui a ensanglanté N’Djaména la semaine dernière. Le Cameroun est en effet, en tant que membre de la coalition sous régionale contre Boko Haram, susceptible d’être atteint dans son hinterland. Jusqu’ici, ce sont les localités sises à la frontière avec le Nigeria qui paient un lourd tribut dans cette guerre.

En frappant N’Djamena en plein coeur et en pleine journée, les terroristes ont envoyé un message clair : ils sont en capacité d’agir n’importe où et n’importe quand. N’importe où, y compris en pleine capitale. N’importe où, y compris sur les sites qui sont supposément les plus sécurisés [commissariats, gendarmeries, etc.). N’importe où, y compris possiblement sur les sites abritant les institutions [Présidence, Primature, Assemblée nationale, Sénat…].

Excessif et alarmiste, pourrait-on m’opposer. Mais il vaut mieux entrevoir le pire pour travailler efficacement à son évitement. Les terroristes en général, et Boko Haram en particulier, sont connus pour leur hardiesse inouïe. Leurs actions sont destinées à frapper les esprits. Plus leurs cibles sont prestigieuses, plus leurs menées criminelles sont impactantes et retentissantes. Par exemple, la Présidence de la République et le siège de l’Assemblée nationale sont les deux ventricules du coeur de la Nation. Dans le scénario du pire, si un kamikaze atteint l’un des ventricules, c’est le coeur de la Nation qui risque de s’arrêter de battre…

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Il est un fait sur lequel la plupart des observateurs s’accordent : depuis que trois armées [camerounaise, tchadienne, nigérienne] se sont coalisées, la situation sur le terrain a connu quelque amélioration. Boko Haram s’est considérablement affaibli. Mais, tel le Phénix qui renait toujours de ses cendres, la secte a démontré plus d’une fois, qu’elle a des ressources. Acculée, repoussée dans ses derniers retranchements, Shekau and Cie vont, avec l’énergie du désespoir, s’employer à mener des actions de plus en plus spectaculaires, de plus en plus audacieuses.

Ceux qui ont en charge la sécurité du Cameroun doivent mettre le système de sécurité national en alerte maximum. Car, pas besoin d’être un oracle pour savoir que notre pays est une cible potentielle voire évidente.

Le Conseil National de la Sécurité [CNS] dont les activités n’ont jusqu’ici aucune visibilité, [à telle enseigne qu’on peut légitimement s’interroger sur son utilité] doit enfin pouvoir se donner de la peine pour justifier les budgets qui lui sont alloués depuis qu’il existe. De plus, il apparait urgent de constituer des unités au sein de l’armée camerounaise, qui soient spécialisées dans la lutte contre le terrorisme.

Les stratèges doivent commencer par se plonger dans la lecture de « L’Art de la Guerre » de Sun Tzu [6e siècle avant Jésus-Christ], l’ouvrage de référence dans lequel il a théorisé le concept de guerre asymétrique. Histoire de parer à toute éventualité. « L’homme prudent voit le mal de loin », enseigne la sainte Bible.

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