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Xénophobie: Quarante camerounais expulsés de Guinée équatoriale

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En majorité des sans papiers, ils s’étaient rendus dans ce pays voisin, fuyant la misère du Cameroun dans l’espoir d’une vie meilleure. Mal leur en a pris puisqu’ils ont été refoulés au niveau de la côte dimanche dernier.

Triste sort pour ces migrants camerounais qui ont vu leur rêve de s’installer en Guinée équatoriale se briser. En majorité des sans papier, ils s’y étaient rendus dans l’espoir d’une vie meilleure.

Une quarantaine au total, ils ont été éconduits au niveau de la frontière par les autorités équato-guinéennes qui se sont voulus intransigeantes. Jetés aux larges des côtes camerounaises à campo, dépourvue de toute pièce pouvant permettre de les identifier, affamés, ils ont été conduits au centre ville par un camion de la mairie de campo. Et puis dans les différentes agences de voyages.

« Certains ont déjà retrouvé leurs familles. Nous ne pouvions les garder ici parce que nous n’avons pas de structures pour le faire. Et puis, ils rêvent de retourner en Guinée équatoriale », a confié au Messager un agent municipal.

A en croire certains expulsés, la chasse aux sans papiers a repris des plus belles. « Les étrangers vivant dans ce pays vont souffrir dans les mois avenir, les contrôles vont être faits tous les jours et c’est comme ça que les policiers rackettent et tabassent ceux qui n’ont pas de papiers », confie un migrant.

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Le dernier refoulement des « clandestins » dans ce pays d’Afrique centrale qui fait progressivement sa mue remonte au mois d’août dernier. Une fois encore, près de 500 citoyens camerounais et maliens s’étaient fait refouler de manière grossière et inappropriée des terres équato-guinéennes depuis ce 31 janvier 2013. Des camions, telles les déportations des juifs en Allemagne, acheminaient ces hommes et femmes venus du Cameroun en majorité, du Mali et de quelques nationalités étrangères hors des frontières du pays d’Obiang Nguéma. Certains s’étaient cachés dans des toilettes à Ebebiyin pour échapper au lynchage tandis que les autorités camerounaises s’attelaient à assurer la sécurité des ressortissants équato-guinéens se trouvant à Kyé-Ossi.

La raison de cette chasse à l’homme remontait à quelques jours auparavant où le corps d’une jeune femme équato-guinéenne a été retrouvé sans vie. Selon les dires de plusieurs, la personne tuée serait l’épouse d’un homme haut placé en Guinée équatoriale. Sans véritable enquête, ni preuve d’accusation, c’est une série d’expulsions qui avait sévit dans ce pays voisin à Kye-Ossi.

Ce même jour, indique le sous-préfet, « la Guinée équatoriale a encore unilatéralement fermé sa frontière terrestre avec le Cameroun ». Au sortir de la réunion de crise qui avait suivi entre les deux pays voisins, tenue à Ebebiyin, une source au sein de la délégation camerounaise faisait savoir qu’aucune résolution forte n’avait été prise. On a encore eu droit à «la même hypocrisie diplomatique du genre nous sommes des pays frères, apaisons les populations, et que chaque partie travaille à ramener la paix à la frontière des deux pays », disait-elle.

Le Messager

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