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Voyages de nuit, transports nocturnes et légendes urbaines au Cameroun…

Il y a quelques mois l’actualité des transports au Cameroun était focalisée sur les voyages de nuit. Certains politiques ergotaient sur leur interdiction, arguant sur le taux des accidents de la circulation élevé, d’autres, les voyageurs mais surtout les agences de voyages qui se font du beurre sur cette manne financière, invectivaient les premiers de venir s’interposer, mieux, se mêler de leur Gombo* comme on dit chez nous, arguant a leur tour sur le fait que les accidents de la circulations n’étaient pas inhérent aux voyages de nuit.

  Et le décor était plante pour une lutte sans merci entre proprio* d’agences de voyages et consommateurs contre le ministère de tutelle celui des transport avec a sa tête Mr Bello bouba Maigari et même le premier Ministère.Un pugilat qui a eu le mérite au moins de réveiller des souvenirs dans mon esprit. Lesquels souvenirs ? celui des légendes urbaines a la sauce Camerounaises, qui se racontent de frères en cousin.

 Que risque t-on vraiment en vagabondant de nuit ?

Même si les raisons évoquées par les politiques (accidents, coupages de route et état d’ébriété avancé des chauffeurs et passagers) ne sont pas complètement infondées,

 – Je me souviens encore d’un passager passablement éméché qui avait été débarqué d’un bus a Messassi a la sortie de la ville de Yaoundé, son baluchon jeté quelques mètres plus loin. Son crime : pipi et défécation dans le bus. Le quidam pas du tout démonté injuria les passagers qui s’éloignaient, ramassa son sac et leur promit de les retrouver pour se venger a Bafoussam même a pied s’il le fallait. 

 il existe au moins dans l’imaginaire des Camerounais d’autres risques auxquels personne n’ose penser tout haut, celui d’aventures ou de rencontres paranormales en tout genre auxquelles s’expose tout quidam assez courageux pour exercer le transport de nuit. Il se raconte en effet que de nuit les transporteurs, chauffeurs de taxi et autre bendskineurs*, sont victimes d’aventures aussi inexplicables que mystérieuse mais avant d’y arriver, je préfère vous raconter une aventure que j’ai vécue un soir de beuverie ordinaire a Yaoundé.

  » Une beuverie ordinaire pour un Camerounais c’est celle ou on garde encore assez de lucidité et surtout de courage pour dire a ses compagnons d’orgie qu’on doit rentrer chez soi a une heure raisonnable – Tu parles ! ( 2H du matin dans mon cas ) encore qu’il faut payer une amende correspondant plus ou moins a deux tournées de bibine,et supporter les railleries de ses compères. ce qui a tôt fait de décourager les éventuels volontaires « 

 L’incident inexpliqué

Un soir donc ou j’avais décidé de me mettre la tête a l’envers (une fois n’est pas coutume) avec une bande de vagues copains de quartier, on devait fêter quelques choses surement, je décide courageusement donc de rentrer chez moi. Je stoppe un taxi, je propose* et je donne ma destination. Quelques mètres plus loin, une jeune femme rentre dans le taxi. Pas si éméché que çà, je remarque quand même qu’elle est très belle et habillée sophistiquée, des bijoux partout mais surtout un parfum a couper le souffle. Je ne me souviens pas non plus avoir regarde si elle avais des pattes de bouc en lieu et place de pieds normaux, elle me paraissait tout a fait normale Etant de nature assez timide, et malgré mon état d’éponge imbibé d’alcools je n’ai pas « attaqué« * comme on dit dans notre jargon du bled.

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 Quelques centaines de mètres plus loin, la diva descend, paye sa course et s’enfonce dans la nuit. Alors de m’enquérir au chauffeur s’il en rencontre des comme ça toutes les nuits, je suis surpris d’entendre celui ci me dire qu’il n’avais vu personne. Aucune autre personne que moi n’était rentrée dans son taxi après moi. J’étais abasourdi, j’eus le souffle coupé et bien sur les relents éthyliques qui accompagnaient tous mes faits et geste s’estompèrent tout de suite. Avais-je rêvé ? je ne crois pas elle avait bien paye avec un billet de 500 FCFA et le chauffeur lui avait bien rendu sa monnaie. Comment pouvais-je avoir un rêvé éveillé? même aujourd’hui je jurerai avoir bel et bien vu cette personne. Alors pour me consoler le chauffeur se mit a me raconter ses aventures, que je connaissais plus ou moins pour les avoirs déjà entendues.

 Légendes urbaines

J’eus droit a la mystérieuse belle jeune femme rencontrée en boite de nuit qui ramène un beau prétendant dans sa belle demeure qui s’avère plus tard être une tombe sur laquelle l’infortuné se réveille le matin, j’eus droit a la cliente de taxi qui demande au chauffeur de ne pas se retourner pendant toute la course ou même de regarder dans son rétroviseur au risque de subir toutes les foudres de l’enfer, que dire de la dame qui rentre dans le taxi et qui va dans un lieu précis ou elle descend avec des bidons d’eau ? et improvise un bain toute nue en plein carrefour. Il me raconta aussi l’aventure de ce Bendskineurs* qui aux alentours d’un cimetière vit sa cliente se volatiliser derrière lui, j’eus droit a toutes ces légendes urbaines qui peuplent notre quotidien, qu’on se raconte entre frères et sœurs ou amis et que d’aucuns jurent d’en avoir vécus personnellement.

Compromis ?

L’insécurité routieres, les accidents de la circulation dus a l’état d’ébriété avancé des chauffeurs sont pour le Camerounais lamda, loin d’être les seuls risques qu’on encoure en voyageant ou en vagabondant de nuit. Vous conviendrez avec moi qu’il faut aussi tenir compte de tous ces aspects mystiques et paranormaux qui qu’on le crois ou non, font partie intégrante de notre quotidien. Certains diront que ces histoires qui se racontent n’ont pour seul but que celui de dissuader les noctambules, les fêtards en tout genre et les coureurs de jupons, d’autres jureront dur comme fer, et j’en fais partie je crois, d’avoir vécu un incident pas toujours expliqué jusqu’a aujourd’hui.

 Et vous ? avez-vous vécu une expérience inexpliquée ? merci de partager avec les lecteurs en laissant vos commentaires.

 Petit Lexique a la Kamer :

 Un Kamer : est un Camerounais tout simplement.

Le Gombo: Il s’agit de ce légume vert qui rend la sauce gluante. Ce mot a pourtant une signification bien différente au Cameroun. A l’origine c’était l’argent que les organisateurs des événements donnaient aux reporters après chaque couverture d’évènements comme expliqué ici. Par extension ça désigne toute forme de rémunération par rapport a une activité quelconque.

 Proprio : Propriétaire d’un bien quelconque.

 Bendskinneurs : Ce sont des conducteurs de moto-taxi au Cameroun et je vous renvoi sur le blog de Florient Ngimbis  a qui je fais un coucou pour avoir une définition plus a propos.

 Proposer : Dans le jargon des taxi au Cameroun c’est marchander avec le chauffeur, le prix de sa course. Le Cameroun ne possède pas encore le système des taxis compteurs.

BräveHeart

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