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Volker Finke : Partira, partira pas ?

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Le débat enfle sur l’avenir de Volker Finke à la tête de la sélection nationale. Après la Coupe du monde catastrophique au Brésil et la piètre prestation à la Coupe d’Afrique des nations 2015 en Guinée Equatoriale des Lions indomptables, la tête du technicien allemand n’est plus présentable aux yeux de nombreux connaisseurs du football. Dans l’une des saillies dont il a seul le secret, l’ambassadeur itinérant Roger Milla pense même que Volker Finke « n’a pas le niveau ».

A moins d’un mois du début des éliminatoires de la Can 2017, il urge donc de clarifier la situation du « sorcier blanc » dont le contrat à la tête du onze fanion arrive à expiration le 24 mai prochain. Chose curieuse, les autorités du football- ministère des Sports et Fecafoot-, ne se montrent pas particulièrement pressées de communiquer sur le renouvellement ou non du contrat de l’actuel coach des Lions.

Du coup, la rumeur s’installe. Comme par le passé, dans les mêmes circonstances, des noms d’entraineurs expatriés et de Camerounais sont balancés dans les colonnes et sur les ondes, soit pour les griller, soit pour les rappeler au bon vieux souvenir des décideurs. Dans la seconde hypothèse, il s’agit surtout pour des lobbies tapis dans les circuits administratifs, à la présidence, à la primature, au Minsep ou à la Fecafoot, de placer un pion- de préférence un « Blanc »- pour en espérer des retro commissions sur le juteux contrat qu’il signera, une fois retenu. C’est une règle non écrite dans le milieu, semble-t-il.

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Pendant ce temps, un autre camp manœuvre pour le maintien au poste de Volker Finke. La raison ? Il vaut mieux fonctionner avec quelqu’un qui connaît les codes et qui ne transige pas sur l’omerta, la loi du silence. La presse est dès lors mise à contribution (d’aucuns préfèrent l’expression mise en mouvement) pour lancer un ballon d’essai. Face à un peuple maniaque du foot, et particulièrement des Lions indomptables, l’on ne sait jamais jusqu’où une décision impopulaire ou maladroite peut conduire… « Le bail de Volker Finke à la tête de la sélection nationale pourrait être prorogé de deux ans », a-t-on ainsi lu ici et là cette semaine. Comme quoi, en dépit d’un bilan peu reluisant, le sélectionneur national passera, à nouveau, entre les gouttes.

Quel que soit le bout par lequel on saisit ce dossier, l’intérêt du football et des footballeurs est passé par pertes et profits. En réalité, tout se résume à des affrontements à fleurets mouchetés entre quelques personnages tapis dans l’ombre, qui ont compris que l’équipe nationale de football du Cameroun est une pompe à fric. Il faut donc être au rebond ou à la retombée du ballon pour siphonner l’argent public sans risque d’être appelé à rendre compte ou à rendre gorge.

Hélas, ainsi va le Cameroun. Ce qui a droit de cité en football se vit dans d’autres domaines de la vie nationale. Des projets porteurs du bien-être des populations et du développement du pays sont plombés ou deviennent des éléphants blancs à cause de batailles de chiffonniers. L’intérêt particulier a résolument pris le pas sur l’intérêt général. Dans son message de fin d’année 2013 à la nation, le président de la République, Paul Biya indiquait que « nous [les Camerounais] sommes un peuple d’individualistes, plus préoccupés de réussite personnelle que d’intérêt général. Notre administration reste perméable à l’intérêt particulier. Ce dernier est le plus souvent incompatible avec l’intérêt de la communauté nationale. Dans un Etat moderne, cette dérive ne doit pas être tolérée ».  La question est de savoir ce qui a été fait pour décourager ces pratiques.

Georges Alain Boyomo

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