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Gouvernement : Voici ce que Paul Biya mijote en coulisses

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Le chef de l’Etat Paul Biya veut atténuer la bataille des réseaux au sein du régime, laisser le TCS capturer des prévaricateurs de la fortune publique et accélérer les chantiers de l’émergence.

Tous les camerounais ont encore présents à l’esprit le discours tenu par le Paul Biya le 31 décembre 2013. On se souvient qu’avec des mots justes et sans complaisance, il a dressé un bilan lucide de la gouvernance et des maux qui barrent la voie du pays vers le progrès et le bien être des populations. «Je crois que nous devons mobiliser toutes nos énergies au service de cette cause et jeter toutes nos forces dans le combat pour la croissance. Il semble en effet que nos efforts, aussi louables soientils, ne suffiront pas, à leur rythme actuel, pour que le Cameroun devienne un pays émergent en 2035», avait-il dit. Pour justifier cette affirmation le président Paul Biya a relevé qu’en 2013, le taux de croissance a été de 4,8%, donc en deçà des prévisions qui étaient de 6,1%. Il a déploré que cette croissance soit uniquement soutenue par la bonne tenue des recettes pétrolières et les crédits publics. L’investissement privé demeure quant à lui insuffisant du fait d’un climat des affaires qui nécessite la poursuivre des réformes structurelles et le renforcement de la discipline budgétaire.

« Nous avons encore sans aucun doute des marges de progression pour améliorer l’efficacité de notre politique économique.

Nous disposons d’une stratégie pour la croissance et l’emploi qui indique la voie à suivre pour atteindre nos objectifs. Mais d’où vient-il donc que l’action de l’Etat, dans certains secteurs de notre économie, paraisse parfois manquer de cohérence et de lisibilité ? Pourquoi, dans bien des cas, les délais de prise de décision constituent-ils encore des goulots d’étranglement dans la mise en oeuvre des projets ? Comment expliquer qu’aucune région de notre territoire ne puisse afficher un taux d’exécution du budget d’investissement public supérieur à 50 % ? Enfin, il est permis de s’interroger sur l’utilité de certaines commissions de suivi de projets, qui ne débouchent sur aucune décision », s’était-il interrogé avant d’évoquer le besoin d’un véritable plan d’urgence.Avec le DSCE, comme tableau de bord pour agir. Il avait ainsi déterminé les priorités à court terme à savoir : redresser la courbe de la croissance en créant des emplois et maintenir un niveau élevé de performances sur plusieurs années d’affilée. Il a appelé son gouvernement à fixer, à partir des feuilles de route, des échéances à respecter absolument. Paul Biya a demandé à l’équipe Yang Philémon, impérativement de s’attaquer aux causes des insuffisances observées en supprimant les points de blocage, les zones de dispersion et les doublons ceci en faisant des progrès sur deux points importants : la primauté de l’intérêt général et la coordination des efforts.

Nous sommes un peuple d’individualistes, plus préoccupés de réussite personnelle que d’intérêt général.

Paul Biya a aussi dénoncé la bombe à retardement que constitue le tribalisme : « Bien qu’attachés à nos communautés d’origine  ce qui ne nous empêche pas d’être de fervents patriotes lorsque l’honneur national est en jeu – nous sommes un peuple d’individualistes, plus préoccupés de réussite personnelle que d’intérêt général. Notre Administration reste perméable à l’intérêt particulier. Ce dernier est le plus souvent incompatible avec l’intérêt de la communauté nationale. Dans un Etat moderne, cette dérive ne doit pas être tolérée » avait-il martelé. Paul Biya a donc longuement exhorté les ministres et autres administrations publique à plus de cohésion : « La plupart de nos grands projets mettent en jeu, à un stade ou à un autre de leur mise en oeuvre, les compétences de divers services. Je ne suis pas sûr que l’indispensable coordination entre ceux-ci ait toujours lieu avait ajouté Paul Biya. Il nous faudra sans aucun doute améliorer les choses de ce point de vue». On se souvient qu’il avait à cet effet tracé à nouveau la voie : « Nous sommes en quelque sorte à la croisée des chemins. La croissance est à notre portée, notre budget est viable, notre dette publique soutenable, bref notre situation économique et financière autorise tous les espoirs de prospérité.

Ou nous empruntons le chemin de la facilité, en reportant à plus tard les réformes. Et alors, dans 10 ou 20 ans, nous aurons accumulé un retard tel que nous pourrons difficilement satisfaire les besoins de notre population. -Ou nous nous fixons des objectifs élevés, en nous imposant une discipline collective rigoureuse. Et nous serons résolument sur le chemin de l’émergence. C’est ce dernier choix que je vous suggère. Celui de l’effort et du courage». Avait insisté Paul Biya.

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Un an après

Presqu’une année après ce discours, la situation reste la même. Rien mais alors rien n’a bougé. On a même comme l’impression que les choses s’empirent. La sous consommation du budget d’investissement public illustre à suffisance cette situation. Elle est de moins de 40%. Pour une franche importante de la population, si rien n’a changé c’est la faute du président de la république Paul Biya qui, après ce discours lucide a malheureusement pris la décision de conserver la même équipe gouvernementale, ayant fait sensation par son échec. Ceux qui soutiennent que la faute est celle de Paul Biya insistent sur le fait que ce discours n’était pas le premier du genre on se souvient que le 31 décembre 2011, il avait déclaré :«Il nous faudra en effet, pour tirer parti de ces facteurs favorables, remettre en cause les comportements qui sont à l’origine de nos déficiences ou de nos échecs. Au premier rang d’entre eux, la recherche du profit personnel au détriment de l’intérêt général, lequel devrait pourtant être la règle d’or du service public. Le Contrôle de l’Etat devra se montrer inflexible à ce sujet.

Une politique sociale plus intense afin d’améliorer les conditions de vie de la population

De même, les mauvaises habitudes telles que le népotisme, le trafic d’influence, la fraude qui se sont largement répandus, devront disparaître». Lors du troisième congrès extraordinaire du RDPC en juillet 2006, après avoir souligné avec force les efforts considérables sur l’amélioration des institutions et de l’économie, et une politique sociale plus intense afin d’améliorer les conditions de vie de la population, différents travaux d’infrastructure ont été réalisés, en particulier dans les domaines des routes, du logement, et de l’accès à l’eau potable et à l’électricité… Paul Biya a lui-même vite rectifié le tir :  » Disons le tout net. Cela est loin d’être suffisant, surtout lorsqu’il s’agit d’assurer aux Camerounais l’égalité des chances à laquelle ils ont droit « . Toujours dans son discours de politique générale, il avait piqué au vif, ceux qui, dans son parti et en dehors, se reprochent quelque chose dans la dégradation de la morale publique :  » Malgré nos efforts pour les combattre, la fraude, les détournements de deniers publics, la corruption, continuent de miner les fondations de notre société. J’ai eu souvent à m’exprimer sur le sujet et à dire ma détermination à éradiquer ces comportements asociaux. Des sanctions sévères ont été prises au cours des derniers mois.

Paul Biya aurait ainsi décidé d’accorder à Philémon Yang et son équipe la chance de se rattraper. Seulement, ils n’en sont pas du tout capables

Nous n’allons pas nous arrêter en chemin. Ceux qui se sont enrichis aux dépends de la fortune publique devront rendre gorge…. Les délinquants en col blanc n’ont qu’à bien se tenir ! « . Mais dans l’entourage du Chef de l’Etat, on justifie ce maintien par le fait que Paul Biya après avoir fixé le cap, réveillé les dormeurs a donné le temps aux uns et aux autres de s’adapter aux exigences des défis qui interpellent le pays. Pour ces collaborateurs du chef de l’Etat Paul Biya, il n’aurait pas été logique, de critiquer et de donner des directives sans accorder un temps à ceux à qui s’adressait ce message de montrer leur capacité à se mettre en mouvement. Paul Biya aurait ainsi décidé d’accorder à Philémon Yang et son équipe la chance de se rattraper. Seulement, ils n’en sont pas du tout capables. Les missions qui leur sont confiées paraissent largement au dessus de leurs compétences. A l’incompétence, il faut ajouter d’autres faits. D’abord le fait que certains membres du gouvernement et assimilés passent l’essentiel de leur temps à manoeuvrer pour se trouver avec leurs réseaux en pole position pour la succession du chef de l’Etat Paul Biya qu’ils qualifient d’user par le pouvoir et fatigué par son âge très avancé. Ainsi, les guerres de positionnement prennent le pas sur le travail à effectuer pour l’intérêt de la nation. Ensuite, il y a le fait que plusieurs membres du gouvernement et assimilés sont trempés dans des affaires de détournements de la fortune publique.

Cette catégorie des collaborateurs de Paul Biya est plus attiré pas les informations du TCS et des prières pour la disparition du président que de réfléchir et d’agir pour le pays. Enfin, il y a l’ignorance de la politique pour laquelle ils sont aux affaires.

Perspectives

Paul biya et sa politique du Renouveau ayant pour fondamentaux la rigueur dans la gestion des biens publics et la moralisation des comportements qui sont des constances depuis 1982 la session parlementaire en cours consacrée en grande partie au vote du budget de l’Etat pour l’année 2015 a été le deadline pour l’évaluation du parcours de chaque ministre et assimilé dans la mise en oeuvre des missions qui lui sont confiées et l’implémentation des orientations sus évoquées. Avec l’obligation des résultats qui lui tient à la gorge, la nécessité de libérer des charges gouvernementales des personnes poursuivies par la justice et le devoir de conduire le pays vers l’émergence faute rester à la traine dans une sous région ou les autres avances, Paul Biya préparerait un véritable chamboulement qui redonnerait un d’espoir à une population camerounaise tétanisée par les rapines, l’insouciance et l’incompétence de ses dirigeants. Après les limogeages, il y aura des arrestations !

Le Detective . Amadou Soulé

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