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Visite d’État: Biya et Hollande évitent ces sujets qui fâchent

Cameroun-PAUL-BIYA-François-Hollande-FRANCE

La conférence de presse conjointe, prévue après le tête-à-tête entre les deux hommes, est annulée au profit d’une simple «déclaration à la presse». Suivant le programme de la visite d’État du président français au Cameroun, rendu public hier, mercredi 1erjuillet, par le cabinet civil de la présidence de la République (lire page 6), Paul Biya et François Hollande s’arrêteront juste à une déclaration à la presse, au sortir du tête-à-tête qu’ils auront dans l’un des salons d’honneur du palais de l’Unité. Pourtant, tout était à l’observation, organisé dès le départ, pour une conférence de presse conjointe des deux chefs d’État, devant les médias nationaux et internationaux.

En effet, selon le chronogramme à nous parvenu il y a quelques semaines par des sources proches de l’Élysée, le protocole d’État français était à pied d’œuvre pour l’organisation d’une conférence de presse. Et même, dans les usages de ce genre d’évènement, il est toujours (ou presque) question d’un échange entre les médias et les chefs d’État. L’on se souvient encore de la conférence de presse donnée en 2001 au palais des congrès par le président Jacques Chirac, en marge du sommet France-Afrique.

Grande est donc la surprise des journalistes, de voir cette partie du programme qu’ils attendaient tant, être annulée à la dernière minute. Dans les différents états-majors de la presse camerounaise, l’on préparait déjà des questions. Notamment, les raisons de la brièveté du séjour de François Hollande au Cameroun et les relations apparemment distantes entre Yaoundé et Paris depuis quelques temps. Il se susurre également que, des journalistes français entendaient évoquer la longévité au pouvoir du président camerounais et la succession à la tête de l’État.

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Les hommes de médias étaient déterminés, apprend-on, à remettre au goût du jour l’application de l’article 66 de la Constitution camerounaise, relative à la déclaration des biens de tout détenteur d’un mandat électif et des gestionnaires de la fortune publique. Il s’avère aussi que le rapatriement des restes du président Ahidjo au Cameroun, ainsi que la restitution de la totalité de l’héritage de l’ancien président à sa famille, était l’une des préoccupations majeures de la presse. L’on évoque enfin, des assassinats non élucidés, l’opération de salubrité publique plus connue sous le nom d’ «Opération épervier», qui de jour en jour semble prendre, selon une opinion, des allures d’une purge politique destinée à réduire au silence des rivaux, etc.

Des questions qui somme toute, s’avéreraient gênantes par les deux parties, au cours de cette visite-éclair, que d’aucuns qualifient d’ores et déjà d’escale, juste pour une pause café à Yaoundé. Surtout, indiquent nos sources, ces sujets feraient actuellement l’objet d’une intense diplomatie entre les deux chancelleries. Il serait donc politiquement incorrect pour les présidents Biya et Hollande, de faire des déclarations qui iraient à l’encontre des consensus à venir.

René Atangana

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