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Visite de François Hollande : Issa Tchiroma s’en prend à ses collaborateurs

Le Mincom a reproché à ces derniers de n’avoir pas applaudi alors qu’il vantait l’«excellence» des relations franco-camerounaises. Le fait peut paraître banal, voire anodin. Et pourtant, celui-ci mérite d’être soulevé, au moment où le président français, François Hollande, effectue une visite d’Etat ce jour au Cameroun.

Lors de sa communication hier, en rapport avec cet «événement de première importance dans l’histoire déjà très ancienne de la coopération qui lie notre pays (le Cameroun, Ndlr) à la France», le ministre de la Communication (Mincom) n’a pas du tout apprécié que ses collaborateurs n’aient pas applaudi, alors qu’il venait de vanter les relations franco-camerounaises. Des «relations excellentes», qui sont «au beau fixe» et dont les perspectives sont «des plus prometteuses», a déclaré Issa Tchiroma Bakary.

Le «porte-parole» du gouvernement camerounais a dû remonter les bretelles à ses collaborateurs plus d’une fois concernant ce «manquement.» Lesquels sont restés droits dans leurs bottes. C’est que, ce «comportement» pourrait être mal perçu, à l’heure où l’image de la France est écornée auprès de l’opinion publique, à cause notamment de la guerre que le Cameroun a déclarée en mai 2014 à la secte terroriste Boko Haram. Mais le Mincom affirme ne pas partager ce «point de vue.» «On ne peut pas avoir un partenaire comme la France qui nous aide dans la guerre et on dit qu’on n’est pas content. Cela veut dire que quelque part, il y a de la manipulation», soutient Issa Tchiroma Bakary, qui répondait ainsi à une question d’un journaliste.

«Bienfaiteur»

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Pour le ministre donc, ceux qui accusent la France d’être de mèche avec la secte terroriste pour déstabiliser le pouvoir de Yaoundé –  des rumeurs par ailleurs démenties par Paris – sont des personnes instrumentalisées par des ennemis tapis dans l’ombre. La preuve, dit-il à grands coups d’arguments : le Cameroun et la France ont, en mai 2009, signé un accord rénové de défense. Cet accord, qui est entré en vigueur le 1er août 2012, vise à soutenir en terre camerounaise, les mécanismes africains de sécurité collective au niveau régional et continental, rappelle le Mincom. «(…) le Cameroun est le premier partenaire de la France en matière de coopération et de sécurité en Afrique», poursuit-il.

Pour ce dernier, tous les Camerounais doivent se réjouir de la visite de François Hollande au Cameroun. François le «bienfaiteur», selon l’adjectif employé par Issa Tchiroma Bakary ce jeudi 2 juillet 2015 dans son département ministériel à Yaoundé. Trois ans après son élection, François Hollande foulera le sol camerounais pour la première fois ce vendredi 3 juillet, pour une visite de quelques heures (6h30minutes). Pour Issa Tchiroma Bakary, point besoin cependant d’épiloguer sur la durée du séjour du socialiste français à Yaoundé.

«La durée de la visite d’un chef d’Etat se mesure à la multiplicité et à la complexité des problèmes. Et s’il n’y a pas de problème, que le ciel au-dessus de nos relations est clair et pur, pourquoi voulez-vous qu’on le retienne une minute de plus ?», s’est laissé aller le Mincom, qui annonce des lendemains chantants pour la coopération franco-camerounaise.

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