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Le visage de la pauvreté au Cameroun : Au coeur d’un bidonville de Bafoussam.

Tout autour du centre-ville, les familles vivent dans des espaces creux exposés à tous les risques. Ne dites surtout pas à Joseph Tindo que sa maison sera rasée un jour. Surtout que la croix de Saint André qui y avait été apposée est déjà en bonne partie devenue invisible. Pour lui, c’est un signe qui montre que ceux qui avaient « tracé ce machin, devaient aller voir ailleurs ». Installé en plein coeur du quartier populeux de Bamendzi, Joseph Tindo a une indication pour aller chez lui.

« J’emprunte le taxi pour entrer au stade. Là, je prends une moto qui me laisse à la maison ». La moto ne peut y accéder qu’en saison sèche. Dès que les pluies tombent ce trajet éprouvé, devient quasiment impraticable. En pleine périodes des crues, ce sont les inondations que les habitants de cette zone redoutent. Mais pourquoi avoir choisi une zone aussi  difficile pour s’y installer ? la réponse de Joseph et spontanée tout comme celle de ses voisins. L’argent.

Dans cette zone reculée, où il n’y a pas de route, les habitants qui faufilent entre les maisons pour arriver chez eux, savent que les frais de location sont abordables. Les maisons serrées les unes sur les autres, montrent qu’il n’y a plus d’espace disponible. Les terrains ont déjà été tous achetés. Les constructions, ne correspondent à aucune architecture. Chacun, selon ses moyens, exploite rationnellement son terrain.

On passe aisément d’un immeuble à étage, sans forme, à une maison en terre battue. Au passage, nous trouvons une maison en terre battue, avec un mur écroulé. Elle n’a pas résisté à la première semaine des pluies à Bafoussam. Il faut aussi zigzaguer entre les toilettes externes des maisons pour accéder à d’autres maisons. Dans ces domiciles, les enfants ne savent jamais à l’avance, s’ils auront un repas le lendemain. Mère de quatre enfants Hélène Métendije résume le quotidien de sa famille.

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« La semaine où on doit payer le loyer du mois, nous savons qu’on va plus se nourrir de tapioca. Pour les autres semaines, je sais que mon mari me donne entre 500F à 1500F par jour, selon ce qu’il trouve. De mon côté, je vais aider des femmes au champ. Ils me payent en moyenne 2000F par jour c’est avec cela que je complète pendant les bonnes saisons pour que nous survivions ».

L’électricité est une denrée rare par ici. Peu de ménages ont de quoi payer un abonnement. Les bambous, servent à tendre les fils électriques d’un domicile à l’autre. Pour avoir l’eau potable, les habitants doivent parcourir un à deux kilomètres pour puiser l’eau dans les robinets. Les multiples puits d’eau creusés devant la majorité des domiciles, permettent de combler le gap en eau pour les divers usages. Comme Joseph Tindo, les habitants espèrent que la route va passer bientôt pour faciliter l’accès dans cette zone populeuse. Muais chacun redoute de se retrouver parmi les victimes.

« On n’a pas d’argent pour aller se loger ailleurs » lance un riverain. Tout comme cette zone de Bamendzi calée entre le stade municipal et le lieudit quartier Famla, il existe d’autres zones autant populeuses à Bafoussam. C’est le cas des quartiers Kouogouo, Toungang, Ndiengdam entre autres. La modernité qu’offre la route, les maisons aérés, l’accès à l’eau et à l’énergie électrique, sont ici perçus comme des luxes pour plusieurs ménages.

 

Sources : Le Jour

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