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Viols et atrocités sur les femmes captives de l’Etat islamique

Femmes-etat islamique

En août 2014, les journalistes Manon Quérouil-Bruneel et Véronique de Viguerie recueillaient en Irak pour Marie Claire le témoignage de jeunes Yézidies échappées des griffes de l’Etat islamique. Extrait du reportage « Les insoumises kurdes en guerre contre le Djihad, publié dans le numéro 748, décembre 2014.

[…] Gul*, Yézidie de 19 ans originaire de Sinjar, est une des rares rescapées. « Après l’attaque, toutes les femmes ont été regroupées dans une grande maison. Là, ils nous ont demandé d’enlever nos foulards, afin de pouvoir mieux choisir. Les plus âgées ont été mises de côté. Moi j’ai été vendue à un homme de l’âge de mon père qui m’a emmenée à Mossoul», confie la jeune femme en caressant les cheveux de l’enfant accroché à elle. Le « dernier cadeau » de son époux, tué sous ses yeux. Son calvaire dure quinze jours.

Un matin, elle parvient à forcer la porte de la maison, marche pendant des heures pour sortir de la ville en rasant les murs, son fils sous le bras, et réussit à rallier un barrage tenu par les forces kurdes. Vian Dakhil, seule députée yézidie au Parlement irakien, est la première à s’être battue pour que le sort de Gul et de ses semblables ne soit pas noyé dans le flot des atrocités commises par les islamistes. Pour que cette persécution systématique à l’encontre des femmes cesse d’être traitée par les médias et l’opinion publique comme un « problème secondaire », dénonce la députée, en contact avec plusieurs captives qui sont parvenues à conserver leur téléphone mobile. «Elles sont parquées par dizaines dans des maisons à Mossoul.

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On leur dit : “Toi, toi et toi, allez prendre une douche, changez de vêtements ! Aujourd’hui vous allez vous accoupler avec des combattants pour le djihad sexuel.” » Chaque appel que reçoit Vian Dakhil apporte son nouveau lot de sordide. Des séances de viol collectif en public, afin de briser toute velléité de résistance. Des filles de 12 ans envoyées par groupes entiers en Syrie pour distraire les mercenaires d’Allah.

Sur les réseaux sociaux, les brigades françaises de Daech échangent ad nauseam des plaisanteries à leur sujet. Morceaux choisis de ces chats néobarbares, publiés sur Facebook le 3 septembre dernier par un certain Abou Jihad Al-Munfarid, Français parti en Syrie et un des principaux blogueurs chez les djihadistes français : « 350 dollars l’esclave à Mossoul si vous voulez lol. […] Tu la laboures, tu la fais travailler à la maison, tu l’envoies chez tes parents pour qu’elle travaille chez eux. […] Elles sont dans une pièce elles pleurent hhhhh, et il y en a une qui s’est suicidée lol. » […]

* Le prénom a été modifié.

Sources

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