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USA: la polémique du recomptage en cinq points

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La marmite électorale américaine est toujours en train de bouillir à petits feux. La polémique entourant le recomptage des votes rend Donald Trump furieux face à une Hillary Clinton très en retrait sur cette question. On fait le point.

1. De quoi parle-t-on?

Jill Stein, environnementaliste et ancienne candidate indépendante à la présidentielle a opéré samedi cette demande. Elle a décidé de réclamer des recomptages de voix dans les États du Wisconsin (nord), de Pennsylvanie (nors-est) et du Michigan (nord). «L’idée d’un recomptage des voix vise actuellement le Wisconsi uniquement, précise le politologue de l’UCL, Pierre Vercauteren. Chaque État est responsable de son recomptage.»

2. Qu’est-ce que ça peut changer?

Cela pourrait tout changer ou rien du tout. La portée du recomptage actuel sur le Wisconsi est «purement symbolique et éviterait toute suspicion de truquage éventuel. Cela ne permettrait pas à Hillary Clinton de passer la barre des voix qui lui permettraient de gagner. Si le Michigan et la Pennsylvanie étaient aussi concernés, si le nombre de voix récoltées par Hillary Clinton augmentait en quantité, alors le résultat pourrait basculer.»

3. Est-ce du jamais vu?

Des recomptages se sont déjà produits aux États-Unis. La dernière fois, c’était en 2000, lors de l’élection de Bush contre Al Gore. « À la demande d’Al Gore, un recomptage avait été opéré en Floride mais cela n’avait rien changé au scrutin», explique Pierre Vercauteren. Chez nous aussi, des recomptages éventuels ont pu être opérés lors des scrutins communaux, par exemple. «Mais ils sont opérés par l’autorité publique. Cela ne coûte pas directement au contribuable», souligne Pierre Vercauteren.

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4. Quel est le prix?

Le recomptage a un coût estimé à 7 millions de dollars. «C’est la candidate environnementaliste qui l’a entraîné. Elle a réuni des fonds via un crow-funding. Ce n’est pas rare aux États-Unis que des procédures judiciaires entraînent des coûts pareils», explique Pierre Vercauteren.

5. Qu’en pensent les candidats concernés?

Donald Trump a changé son fusil d’épaule. À la fin de la campagne, il hurlait que le résultat de la présidentielle serait truqué. Il accusait aussi Hillary Clinton de tricherie. Depuis sa victoire, il n’en a plus parlé, sauf dimanche soir où il a soudain dénoncé une «grave fraude» électorale affirmant que des millions de gens avaient voté «illégalement» au scrutin. Aucune preuve de cela.

«La réaction de Donald Trump est à l’image de ce personnage haut en couleur et sanguin», commente brièvement Pierre Vercauteren. Donad Trump était resté réservé sur le fait d’accepter ou non les résultats du scrutin. À partir du moment où il est gagnant, il les accepte. S’ils sont remis en question, il les dénonce.

Du côté d’Hillary Clinton, si on soutient la démarche de l’écologiste, on précise n’avoir constaté aucune irrégularité dans le Wisconsin.

Catherine ERNEN

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