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Urbain Noël Ebang Vvé veut-il déstabiliser Ousmane Alamine Mey ?

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Mafia autour de la liquidation des actifs des ex-sociétés d’Etat. La lettre adressée par le ministère des Finances au ministre de la Justice pour se désister dans l’affaire l’opposant au Cabinet Atou relative à la gestion scandaleuse des actifs résiduels des ex-sociétés d’Etat et le renouvellement controversé du mandat du même Cabinet participeraient d’une manœuvre visant à compromettre, voire à liquider Ousmane Alamine Mey, affirment certains habitués des couloirs de ce département ministériel.

Fin avril-début mai 2015. Une rumeur bientôt relayée par la presse circule dans les salons feutrés de la capitale : le ministre des Finances aurait menacé de démissionner des hautes fonctions à lui confiées par le chef de l’Etat, et il aurait fallu l’intermédiation du vice-Premier ministre chargé des Relations avec les Assemblées pour qu’il revienne sur sa décision. Selon les explications données çà et là, l’ancien banquier ne supporterait plus l’insubordination répétitive de quelques-uns de ses collaborateurs, dont le principal d’entre eux qu’est le Secrétaire Général du ministère des finances, Urbain Noel Ebang Mvé. Un peu plus d’un mois plus tard, en juin dernier, paraissait notre dossier –le énième- sur la gestion des actifs résiduels des ex-sociétés d’Etat dont les anciens employés sont voués, comme tout le monde le sait, à ni plus ni moins qu’à la mort, faute d’avoir obtenu les primes de reconversion que le président de la république a pourtant ordonné de leur payé depuis 1988, soit 27 ans déjà.

Dans ce dossier, nous revenions sur la complaisance du ministre des Finances, Ousmane Alamine Mey, qui aurait écrit au ministre d’Etat en charge de la Justice, pour demander la cessation de toutes poursuites judiciaires à l’encontre de Lazare Atou, principale personne indexée depuis des lustres pour sa gestion controversée desdits actifs résiduels : « J’ai l’honneur de vous faire connaitre que dans le cadre de la gestion et la sauvegarde des patrimoines résiduels des ex-Oncpb, Onpc et Regifercam, mon département ministériel n’a aucun grief à formuler contre le Cabinet conseil Atou, Monsieur Lazare Atou et ses préposés… Il se désiste par conséquent de toute action civile ou pénale, directement ou indirectement liée à la validité du mandat dudit cabinet, antérieurement engagée ou actuellement en cours au nom ou pour le compte du ministère des Finances qui collabore convenablement avec ledit cabinet auquel un mandat vient d’être accordé ».

Au passage, nous signalions, en prenant pour source un de nos confrères, que le Secrétaire Général du ministère des Finances avait attribué le 04 mars 2014 un mandat permettant à Lazare Atou de continuer ses activités à la tête de la liquidation des ex-sociétés d’Etat, nonobstant les giefs qui lui étaient faits à propos, et qui ont à une certaine époque débouché sur des affrontements avec la justice. Une incongruité si cela était avéré dans la mesure où tout le monde sait quelles sont les tribulations endurées par les ex-employés des sociétés d’Etat dont certaines font partie du portefeuille géré par le Cabinet Atou.

Syndrome du “Pays Organisateur” ?

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Depuis lors, les menaces n’ont cessé de pleuvoir sur notre rédaction. Tantôt on nous fait savoir que le document adressé au ministre de la justice que l’on attribue au ministre des Finances ne sont pas de lui, mais plutôt de son Secrétaire Général, Urbain Noel Ebang Mvé, tantôt c’est du côté de celui-ci qu’on nous menace de nous faire « subir le sort de Flash Zacharie Ndiomo », du nom d’un confrère emprisonné des mois durant pour avoir fait des révélations sur de soi-disant biens mal acquis de Urbain Noël Ebang Mvé ou de lui avoir fait du chantage. Des accusations que notre confrère avait toujours du reste rejetées jusqu’à sa libération il y a quelques mois.

Pendant ce temps, des sources diverses, qui ne semblent pas forcément en odeur de sainteté avec le ministre des Finances ou son Secrétaire Général, mais qui manifestement paraissent suffisamment introduites pour ne pas connaître les deux personnalités, affirment presque en jurant que les initiatives attribuées à Ebang Mvé seraient vraiment de lui, et qu’elles auraient pour but de mettre son patron en difficulté face au chef de l’Etat dans la perspective d’un remaniement ministériel, le président de la République ne pouvant concevoir que le subordonné d’un ministre puisse prendre des décisions par-dessus la tête de ce dernier, tous les deux fussent-ils nommés par décret présidentiel.

“Ebang Mvé est de la même région que le chef de l’Etat, et est intellectuellement bien calé, en plus d’être un administrateur civil”, nous confie l’une de nous sources, qui ajoute: “Tout cela lui semble constituer autant de facteurs faisant de lui un incontestable ministrable, et il se verrait bien à la tête du ministère des Finances qui, depuis le départ de Polycarpe Abah Abah en 2008, n’a plus été dirigé par un fils du Sud, alors que les Sudistes, après Edouard Akame Mfoumou, Michel Meva’a M’eboutou et Abah Abah, avaient fini par croire croire que ce département ministériel était pour eux une chasse gardée.” Une autre de nos source qui n’est pas nécessairement tendre avec le Minfi en personne voit plutôt le problème sous l’angle de la complaisance du “Grand Argentier National” vis-à-vis de certains poids lourds qui n’hésitent pas à mettre en exergue leurs affinités sociologiques – réelles ou supposées avec le Nnom Ngui pour le faire chanter et mettre son autorité à mal: “La compétence reconnue du ministre Alamine Mey qui depuis 2009 se démène comme un beau diable pour introduire des réformes pertinentes dans la gestion de la politique financière nationale est fortement contrebalancée par son indolence à l’égard de certains de ses collaborateurs qui affichent leur proximité avec le chef de l’Etat comme un avertissement à se la boucler sous peine de représailles, et profitent de sa réceptivité pour le fragiliser”.

Mais n’est-ce pas connaître très mal ce Paul Biya qui attend plus des résultats lui permettant d’accomplir le programme politique sur la base duquel il a été élu que la grandeur des origines sociologiques ou de l’arbre généalogique des hauts fonctionnaires auxquels il a délégué certaines tâches ? En attendant, beaucoup se demandent déjà si Alamine Mey n’est pas en train d’être bridé dans son élan réformateur par des barons du Pay Organisateur?

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