Features

Université de Yaoundé 1 : chasse aux vêtements « indécents »

préinscriptions-enseignants-universités-yaoundé 1-camer24-Concours-de-l'Iric

Depuis bientôt une semaine, les étudiants et visiteurs sont soumis à des contrôles vestimentaires.

Lieu-dit Château, ce 14 septembre 2015. Il est 10h 47 minutes. Trois jeunes filles dont l’âge varie entre 20 et 22 ans viennent juste de descendre d’un taxi. Elles tiennent chacune un sac en mains et une chemise cartonnée contenant des fiches. D’un air enthousiaste, elles avancent tout droit vers l’entrée principale de l’université de Yaoundé 1 à Ngoa Ekelle et s’apprêtent à franchir le portail lorsqu’elles sont stoppées net par un homme vêtu d’une tenue de couleur verte. « Où allez-vous vêtues ainsi ? Vous vous croyez en boîte de nuit? Vous ne pouvez pas entrer ainsi. Vos jupes sont très courtes », observe-t-il tout en bloquant le passage aux trois jeunes femmes.

A quelques pas de là, un jeune garçon est interpellé alors qu’il s’apprêtait, lui aussi, à entrer au campus. Il lui est reproché d’avoir porté une culotte et des babouches. « Tu ne peux pas t’habiller pour venir à l’école comme si tu allais à la boutique ! Rentre te changer si tu veux entrer », affirme tout courroucé l’homme en uniforme. Selon les informations reçues ici, ces hommes vêtus de tenue de couleur verte sont en effet des agents de la « police campus ». Leur rôle apprendon, est de « veiller à la sécurité des biens et des personnes dans l’enceinte de l’université ». Ils sont repartis en groupes de quatre ou cinq et placés devant les trois entrées que compte l’université de Yaoundé 1 tous les jours de 6h à 18h. « Suite aux nombreux dérapages constatés au niveau de la tenue vestimentaire arborée par certains étudiants, le recteur de l’université de Ngoa Ekelle a signé une lettre circulaire dans laquelle il interdit l’accès au campus à tous les étudiants et visiteurs en tenues ultra moulantes, des vêtements (jupes ou hauts) très courts ou beaucoup trop décolletés, des pantalons taille basse des filles ou garçons exhibant leur sous vêtement ou l’absence de sous-vêtement, des jeans délavés ou tailladés », confie un agent.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Pour certains anciens étudiants, cette mesure qui ne date pas d’hier, est plutôt la bienvenue. D’après eux, l’université est une institution et en tant que telle, l’on se doit de s’habiller de façon décente, non seulement pour son propre respect, mais aussi pour celui des autres. « Ça fait déjà plus de cinq ans que la police campus existe. Donc je me suis déjà adapté à ce règlement. C’est vrai qu’il y a des étudiants qui exagèrent. Certains font exprès d’exposer leur corps et s’arrangent à se lever en plein cours pour attirer l’attention des autres sur eux. Ces mesures méritent d’être encouragées », explique Andreas Mouzong un étudiant.

Pour les nouveaux bacheliers par contre, cette mesure est simplement absurde. « J’ai été prévenue du règlement intérieur établi ici, sauf que je ne savais pas qu’ils devaient être autant stricts. En plus, les cours n’ont pas encore commencé, ce ne sont que les préinscriptions. Je trouve qu’ils exagèrent un peu. On ne peut pas obliger quelqu’un à adopter un style vestimentaire qu’il n’aime pas! Moi particulièrement, je serai obligée de changer toute ma garde-robe, est-ce qu’ils vont me donner l’argent pour le faire ? », interroge Inès, une étudiante venue se préinscrire

Populaires cette semaine

To Top