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Université de douala : le doyen Akam annule des soutenances de thèses

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La raison évoquée est que, non seulement le recteur n’aurait pas signé les autorisations de soutenance, mais qu’il ne dispose plus de suffisamment de moyens pour prendre en charge les membres des jurys.

Alors que la veillée d’armes était perceptible pour les candidats devant soutenir une thèse de doctorat Ph.D. en science politique à l’université de Douala, une décision du Pr Akam Akam André, doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques est venue mettre un frein à un processus. En effet, trois candidats, Etogo Eloundou Ghislain Steve, Mbida Onambele Max Zachée et Ndock Nicolas Serge devaient soutenir, respectivement les 20, 21 et 22 octobre 2015. Ainsi donc, le Pr Janvier Onana, doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de N’Gaoundéré, directeur des trois thèses, a eu tout le temps de mobiliser ses candidats, après avoir suggéré la programmation des soutenances au doyen Akam.

Autorisations de soutenances

Ce dernier va alors publier un communiqué signé par lui-même. Au même moment, des invitations seront adressées à tous les membres des trois jurys, avec en prime, celle du Pr Philémon Muamba Mumbunda, doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université du Congo à Kinshasa. Il faut dire au passage que cet éminent enseignant est pris en charge par l’Agence universitaire de la Francophonie. Pendant ce temps, les préparatifs des soutenances tant attendues iront bon train. La mobilisation sera forte, aussi bien pour les familles des candidats, qu’à la faculté avec la réception des enseignants invités qui devaient loger à l’hôtel Vallée des Princes à Douala. Autre aspect important par ailleurs, ces soutenances devaient se tenir en même temps qu’une autre activité académique d’une grande importance : les conférences préparatoires au concours de l’agrégation Cames (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur), prévues pour la même semaine et qui devaient se terminer le 23 octobre 2015.

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A la grande surprise générale, le doyen Akam Akam fera savoir au Pr Onana Janvier dans la soirée du lundi 19 octobre, presqu’à la veuille de l’échéance, que ses candidats ne peuvent plus soutenir. Une raison sera tout de suite trouvée, et qui explique que le recteur n’a pas signé les autorisations de soutenance. Bien plus, il ne dispose plus de suffisamment de moyens pour prendre en charge les jurys. Du coup, « il a voulu faire porter le chapeau au doyen Onana dont la nomination à N’Gaoundéré l’aurait empêché de suivre les dossiers de ses candidats », explique un membre du jury qui a requis l’anonymat. Pendant ce temps, deux thèses de droit des affaires programmées en même temps n’auront pas connu le même sort, car n’ayant pas été annulées. et la justification est que celles-ci ont reçu l’onction du recteur. Du coup, l’on se pose des questions sur cette politique de deux poids, deux mesures. Sinon, comment peut-on organiser seulement deux thèses, alors qu’il y en avait huit qui ont été programmées.

Improvisation et tripatouillage

Pourtant, au cours de la dernière assemblée générale de l’université de Douala, des thèses ont été citées, et parmi lesquelles, celle de science politique de Mbida Onambele Max Zachée, dont la soutenance est aujourd’hui annulée. Il faut rappeler que Mbida Onambele est enseignant-chercheur à l’Université de Buea, chercheur à la Fondation Paul Ango ela de géopolitique en Afrique centrale, chercheur à l’Observatoire des mutations politiques en Afrique centrale et dans le golfe de Guinée et chercheur au Centre d’études politiques de l’Université de Kinshasa. Face à cette situation rocambolesque, l’on constate que dans un domaine aussi pointilleux que celui universitaire, l’approximation et l’improvisation sont encore les tares les mieux partagées.

Ce qui est encore très grave, c’est que parmi les présidents de jurys des trois soutenances annulées, il y a un ancien recteur de l’université de Douala, le Pr Dieudonné Oyono qui vient de laisser son fauteuil. Le monde des professeurs d’université, peut-il arriver à de telles turpitudes ? Mais il reste qu’on est en face d’une face hideuse d’un système qui manque de plus en plus de rectitude morale, autant qu’elle manque d’exactitude procédurale, dans un environnement où le règne du tripatouillage tend à prend de l’envol, au-dessus des amphithéâtres et au détriment de l’enseignement supérieur. La réforme universitaire opérée au Cameroun en 1993, au-delà de la densification de l’offre académique, et de la professionnalisation des enseignements, souffre encore de beaucoup de tares et de l’improvisation.

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