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Un trafiquant d’ivoire appréhendé à Douala

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Un homme âgé de 39 ans a été arrêté le 18 Juin 2015 par les agents de la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Littoral alors qu’il essayait de vendre 44 pièces d’ivoire sculptées à un client à Douala. Le présumé trafiquant était accompagné d’un autre jeune homme.

Ils avaient un sac en plastique contenant les morceaux d’ivoire. Lorsque l’équipe d’arrestation s’est rapprochée, le jeune homme a essayé de s’en fuir, mais il a été rapidement  stoppé dans son élan. Apparemment, les deux attendaient un client avant leur interpellation par l’équipe qui a travaillé en collaboration avec la gendarmerie et  qui a bénéficié de l’assistance technique de The Last Great Ape Organisation (LAGA).

Il a été révélé  plus tard qu’il avait dans son téléphone, des photos et des images de la collection de produits en ivoire, qu’il était sur le point de vendre. Il a été rapporté qu’il est un marchand d’objets d’art et des  enquêtes ont permis de constater que l’une des tactiques qu’il utilise fréquemment consiste à  peindre des défenses et des produits en ivoire comme du bois avant de les vendre.

Ceci dans l’optique de dissimuler l’ivoire et faciliter le trafic à travers les frontières. Des sources proches de l’affaire révèlent que la veille de son arrestation, l’homme semblait avoir pris contact avec un client et des dispositions avaient été prises pour la transaction qui a été stoppé nette  avant son exécution. Ils ont comparu par devant le tribunal de première instance de Bonanjo le 24 Juin 2015 et l’affaire a été renvoyer au 8 juillet 2015.

Douala est généralement considéré comme la porte de sortie pour le trafique d’ivoire. L’ivoire provient de l’intérieur du pays et d’autres pays voisins  de la sous-région, et sort clandestinement de la ville portuaire pour les pays d’Afrique de l’Ouest et de pays lointains comme la Chine et le Vietnam où il atteint des prix astronomiques. Les experts en matière d’application de la loi faunique affirment que de nombreuses transactions illégales ainsi que les ivoires passent sous le nez des agents de la faune de Douala,  et les trafiquants semblent être conscients  des dangers d’une telle entreprise illégale; ils sont toujours très prudents pour échapper aux arrestations. Cela peut expliquer pourquoi le trafiquant d’ivoire s’est fait accompagné d’un jeune homme qui avait à peine 18 ans pour éviter d’être pris.  Mais il a oublié que les agents des Forêts et de la Faune sont habitués à ce type d’opération d’arrestation de trafiquants et ont vite compris le stratagème pour détourner leur l’attention.

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Le stratagème du trafiquant démontre la subtilité  du trafique des produits fauniques les spécialistes et experts de la faune qui se sont réunis à Yaoundé du 15 au 19 Juin 2015 à l’occasion de nombreuses réunions, forums et débats pour discuter de ces questions, en seraient  totalement d’accord. Dr Paulinus Ngeh, Directeur régional de TRAFFIC qui  a participé à l’une de ces réunions dont l’objectif était de rechercher des solutions pour redresser l’Organisation de  conservation de la faune en Afrique – OCFSA qui a la responsabilité de lutter contre le trafic et le braconnage dans la sous-région a déclaré : « Il [le trafic de la faune] est un problème grave en raison de la sophistication et la complexité des méthodes  très structurées dont se servent les trafiquants. Le trafic de la faune a 3 chaînes principales; il ya le braconnage – qui est l’approvisionnement en produits  fauniques, il y a le trafic et il y a la consommation « .
Les deux premières parties de la chaîne du trafique telles que décrites par le Dr Paulinus Ngeh, se produisent  essentiellement en Afrique, en fournissant les sources et le trafic de niveau intermédiaire, récolte de  petits bénéfices, comparé aux gains colossaux illicites que les trafiquants des pays asiatiques et occidentaux se font. Le problème est que, l’Afrique est en train de perdre ses populations d’éléphants tout en ne  bénéficiant pas fondamentalement de quelque chose.

Un récent rapport publié par la Wildlife Conservation Society (WCS) révèle que la population d’éléphants des forêts d’Afrique a chuté de 62% dans la période de 2002 à 2011. L’Ivoire est la principale raison pour laquelle les braconniers abattent de plus en plus les  éléphants et explique aussi pourquoi les  spécialistes de la faune et les responsables gouvernementaux ont convergé au palais des Congrès de Yaoundé. Espérons que, les décisions et résolutions prises permettront de résoudre ce problème persistant de la  diminution drastique  des populations d’animaux sauvages sur tout le continent.

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