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Un réseau de fabrication de fausses CNI et cartes de séjour camerounaises démantelé au Nigeria

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Trois camerounais travaillant pour l’ex sous-traitant déchu Thalès Security System interpellés avec  déjà 60 000 vraies-fausses CNI et cartes de séjours camerounaises fabriquées en territoire Nigérian. Trois anciens employés de Thalès, l’ancien concessionnaire des CNI camerounaise, vient d’être arrêtés au Nigéria par les services spéciaux de ce pays frère et ami. Accusés de confection de faux documents d’identité camerounaise, ils risquent gros. L’information est du Journal L’Intégration, dans son édition du lundi 10 août 2015.

Dans son article, le journal l’intégration cite un confrère, l’hebdomadaire « The Alpha » (un journal proche du nouveau régime d’Abuja), qui est le premier à avoir porté l’affaire sur la place publique. Ce journal Nigérian relate que c’est tout à fait par hasard, en conduisant des enquêtes dans le cadre de la lutte contre la nébuleuse Boko Haram, que les services spéciaux nigérians sont tombés sur « un pôle informatique » dans la localité de Kari située au Nord-Est du pays de Muhammadu Buhari. Au bout de cinq semaines d’enquête et de filature, les services spéciaux nigérians mettrons finalement la main sur le camerounais  Marc Mbollo et deux autres compatriotes, pris la main dans le sac en pleine activité de de fabrication de faux documents d’identité camerounaises.

« Actuellement en exploitation dans la capitale nigériane, les trois faussaires sont tous des exemployés de Thalès Security System. A en croire The Alpha, c’est au détour d’une enquête portant sur l’assassinat de l’un des nombreux sosies d’Abubakar Shékau que les agents de renseignements nigérians se sont intéressés au cas de Marc Mbollo et ses compères », peut-on lire dans les colonnes du journal l’Intégration. Le même article, citant toujours le journal nigérian The Alpha, signale que « C’est dans la demeure d’un dignitaire de Kari, que le trio mis son savoirfaire acquis auprès de Thalès Security System Cameroon, une société française venue au Cameroun en 2012 dans le cadre d’un contrat portant sur la sécurisation de la nationalité camerounaise ».

L’on apprend également de The Alpha que  « les services spéciaux nigérians ont recueilli un certain nombre d’indices significatifs sur les personnalités et les fréquentations de la bande. Marc Mbollo et ses hommes de main étant constamment en contact avec des commerçants exerçant à Buea et à Mora aux fins d’écoulement des cartes d’identités contrefaites au Cameroun ». 60 000 Carte nationales d’identité (CNI) et cartes de séjour auraient déjà été fabriquées par le réseau piloté par Marc Mbollo, d’après The Alpha.

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Thalès Security System, l’ange tout puissant déchu

L’historique de la déchéance de Thalès est également rapporté dans le journal. Entreprise de droit français devait aider à sécuriser la nationalité camerounaise, Thalès était arrivé au Cameroun en 2012. les années suivantes, son contrat avait été reconduit sur la seule base de la performance dans l’établissement des CNI et cartes de séjour camerounaises. 25 personnes auraient  été incarcérées avec des complicités dans la police camerounaise dont au moins 09 policiers et 01 commissaire de police, ainsi que des employés du prestataire français Thalès Security System, suite à la brouille entre le gouvernement et cette entreprise.

De manière simple, il était reproché au personnel de Thalès de vendre au premier venu la nationalité camerounaise ainsi que la carte de séjour via un réseau bien huilé que le Délégué général à la sureté nationale (Dgsn) Martin Mbarga Nguele et ses collaborateurs du « bon camp’ réussiront à ébranler… avec comme conséquence sans équivoque, la fin des activités de Thalès au Cameroun matérialisée le 31 décembre 2014 par une notification du Dgsn à Thalès de la décision de l’État du Cameroun de rompre le contrat Senac les liant.

Conséquence logique de cette rupture, une note de Bernard Brousse, ci-devant responsable du département des projets de la société française, à l’endroit du personnel en poste au Cameroun et dans laquelle il signifiait à ces derniers le 29 janvier 2015 « l’arrêt de l’activité de Thalès au Cameroun et donc la fin des contrats de travail conclus avec cette société »… avec entre-temps l’emprisonnement de certains responsables dont le coordonnateur Mbia Mekou et ses proches collaborateurs, ou encore quelques chefs de postes Thalès.

Marc Mbollo quant à lui, qui avait glissé entre les mailles du filet, avait pris la route de l’exil avant de chuter au Nigeria où sa course vient d’être stoppée net par les services spéciaux ; mais après que ce citoyen camerounais et son réseau ait mis à profit l’expérience acquise auprès de Thalès Security System pour inonder la sous-région Cemac de quelques 60 000 vraies-fausses CNI camerounaises d’après l’Intégration.

Le gouvernement camerounais par la voie de son porte-parole, le ministre camerounais de la communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakary, n’a pour l’instant pas encore fait de déclarations au sujet de ce réseau de confection de documents de l’identité camerounaise démantelé au Nigeria voisin.

Patrick Dongo

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