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Un douanier en prison pour avoir dénonce des trafics dangereux à la frontière Cameroun – Nigeria

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Amadou Bouba a écopé de deux ans d’emprisonnement. Motif: les responsables douaniers de Dourbey et Guider lui reprochaient des accusations mensongères. Avec deux ans de prison ferme, le douanier retraité Amadou Bouba paie le prix fort pour avoir dénoncé des activités dangereuses au niveau de la frontière Cameroun – Nigeria.

À en croire le journal Le Soir de ce jeudi 23 juillet 2015, cet homme s’est risqué à signaler aux autorités « la vaste mafia des douaniers qui, selon lui, faisaient un vaste trafic de treillis militaires qu’ils cachaient dans des marchandises venant du Nigeria ».

Sont cités dans ce scandale qui éclate en novembre 2014: les chefs de poste Ayibena Xavier François (chef du bureau principal des Douanes de 1ère classe de Dourbey) et Mba Nto’o Jean (chef de la Brigade mobile des douanes de Guider). La correspondance du douanier retraité Amadou Bouba adressée à Minette Libom Li Likeng se veut explicite:

« Madame le Directeur général, voilà ce qui se passe : à la frontière avec Mubi-Nigeria et l’arrondissement de Mayo-Louti, trois camions sont garés au moment de la fermeture de la frontière, avec la complicité des deux côtés, ces camions quittent et sont remplacés immédiatement par trois autres au cas où ! Et font le trajet Dourbey (bureau principal des Douanes de 1ère classe) puis Guider (Brigade mobile des douanes), sans dédouanement, puisque depuis la fermeture de la frontière, la hiérarchie, dont vous, avez retiré toutes les quittances de ce bureau. Ces camions arrivent à Guider entre 2h et 4h du matin et sont déchargés rapidement dans les domiciles, puis rechargés du riz, savon et autres céréales, et attendent l’heure tardive pour le Nigeria».

Précisant que cette opération très lucrative se fait deux fois par semaine («15 millions par passage et 30 millions par semaine»), la correspondance égrène une longue série de noms de responsables douaniers et conclut: «À part ces situations décriées plus haut, nous proposons à votre haute intelligence, un recensement physique et vous verrez des choses inadmissibles».

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Dès lors, le journal estime que le douanier retraité Amadou Bouba, conmdamné le 26 décembre 2014, a payé au prix fort ses dénonciations. Ainsi, son incarcération «après trois jours de procédure bâclée» fut plutôt expéditive.

«Lorsqu’il est interpellé devant le procureur et notifié du chef d’accusation de dénonciation calomnieuse, développe le journal, il proposera de faire venir son informateur pour corroborer ses dires. Le rouleau compresseur de la justice ne voudra même pas accepter cette proposition et il sera présenté devant le juge Amada Boukar. Il sera immédiatement condamné à 2 ans de prison et 360 000 FCFA d’amende. Un informateur au Tribunal de Garoua va souffler que cette condamnation aurait pu être pire si l’argent proposé au juge avait été important».

Là-dessus, le journal conclut: «Qu’à cela ne tienne, les deux hommes incriminés dans la lettre de dénonciation courent toujours et la hiérarchie de Yaoundé semble devenue sourde face à la mafia qui a continué son bon chemin».

Esther Ayissi

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