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Un documentaire sur les origines camerounaises de Barack Obama

Barack-Obama

Le film de Jean-Pierre Bekolo s’intéresse aux travaux de recherche d’un quadragénaire convaincu de l’origine camerounaise du président américain. Evénement mondialement historique lorsque Barack Obama, homme de couleur, accède à la tête des Etats-Unis en janvier 2009. Une première dans l’histoire de ce pays-continent.

Le sacre fait alors la fierté des Africains et des Noirs qui voient leur frère de race élu à la tête de la première puissance mondiale. Plus fiers encore sont le habitants du Kenya, dont le pays est présenté comme étant la mère-patrie du père de Barack Obama et de facto, le pays d’origine du patron actuel de la Maison-Blanche. Mais pour les Camerounais, le patronyme «Obama» inspira aussitôt un nom propre aux personnes dont les arbres généalogiques enfouissent leurs racines dans la terre de la région du Centre Cameroun. L’interrogation bouleversante étant donc de savoir ce qui lie le nom «Obama» du Kenya à celui du Cameroun.

Le réalisateur Jean-Pierre Bekolo pense apporter un éclairage là-dessus à travers son film-documentaire «A la recherche d’Obama perdu», projeté ce mercredi à l’institut Goethe, à Yaoundé. Dans ce film, le réalisateur s’intéresse aux travaux de recherche d’un quadragénaire camerounais, convaincu de l’origine camerounaise du 44e président des Etats-Unis. En effet, l’homme – un paysan de 40 ans –  a entrepris il y a quelques années d’apporter la preuve  des origines camerounaises de Barack Obama. Ceci sous l’encadrement du professeur Hubert Mono Dzana. Ce dernier est d’ailleurs l’un des acteurs principaux de ce documentaire. Il atteste la thèse de Messanga (l’auteur des recherches) selon laquelle le président Obama serait d’origine camerounaise et non kényane. Il proviendrait plus précisément du village Womekoua, dans l’arrondissement de Sa’a (département de la Lékié) dans la région du Centre Cameroun.

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Sosies

Une affirmation que Messanga essaye de démontrer à travers le documentaire de Jean-Pierre Bekolo, en remontant l’histoire nobiliaire des Obama kényans. Celle-ci dévoile que l’arrière-grand-père du président Obama aurait été déporté depuis le Cameroun pendant l’époque coloniale en guise de sanction pour son caractère  indocile vis-à-vis des colons. Le Kenya étant son dernier lieu de déportation, après le Ghana et la Guinée Equatoriale. En s’appuyant sur le livre de Barack Obama, «Les rêves de mon père», publié alors qu’il était encore étudiant, le documentaire explique que l’auteur lui-même exprime ses limites en ce qui concerne l’arbre généalogique de sa famille kényane. Celui-ci ne s’arrêterait qu’à la deuxième génération, qui correspond au grand-père de Barack Obama.  Le reste de la lignée, c’est-à-dire à partir de son arrière-grand-père, est inconnu selon le documentaire. C’est donc cette lignée qui proviendrait du Cameroun. Le documentaire présente la famille Obama du village Womekoua comme la véritable famille du premier président noir des Etats-Unis.

L’immersion dans cette famille permet à l’auteur du récit de mettre en évidence l’étrange ressemblance entre le président Obama et ses «frères» du Cameroun. Photos à l’appui. L’un des membres de cette famille est d’ailleurs surnommé… Barack Obama dans la localité. Ce documentaire présente cependant quelques failles qui prêtent à équivoque. D’abord, le fait que le documentaire se soit déroulé uniquement au Cameroun. Il serait complet s’il avait été aussi tourné au Kenya, dans la famille du président Obama. L’autre inquiétude étant ici de savoir pourquoi l’Obama déporté pendant l’époque coloniale au Kenya n’a pas vu son nom nucléaire modifié comme cela s’est fait pour la quasi-totalité d’esclaves. Mais au final, le documentaire de Jean-Piierre Bekolo pourrait avoir des vérités, si tant est que la déportation des Africains a disloqué certaines familles. Si tel est le cas pour l’arrière-grand-père de Barack Obama, l’homme le plus puissant du monde, serait donc originellement un Eton de l’arrondissement de Sa’a. C’est du moins ce que laisse supposer «A la recherche d’Obama perdu.»

 Franck Evina

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