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Un des sanctionnés du RDPC se déchaine dans une lettre adressée à Paul Biya

RDPC

NDZANA OLONGO Gilbert fait des révélations fracassantes contre certains pontes du parti au pouvoir

Près d’un mois après la publication d’une décision de Paul Biya, président du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), portant sanction d’une centaine de militants de ce parti politique pour des actes d’indiscipline lors du double scrutin municipal et législative de septembre 2013, Gilbert Ndzana Olongo sort de sa réserve.

Présent dans la liste des sanctionnés, ce militant très dynamique du parti des flammes s’en tire avec une suspension d’un an et six mois.  Surpris et choqué par la procédure qui a abouti à sa condamnation, Gilbert Ndzana Olongo vient d’adresser à Paul Biya, une correspondance dans laquelle il dénonce et accuse.

«C’est peut-être maintenant que je vais devenir indiscipliné car je refuse cette distinction non honorifique (sanction de 18 mois, ndlr)» a déclaré d’entrée de jeu Gilbert Ndzana Olongo avant de dérouler dans un ton teinté de colère, sa réplique.

Ci-dessous, une copie de cette correspondance qui va certainement faire jaser non seulement dans les milieux du RDPC, mais aussi du côté de l’opposition et surtout dans la Lékié,  le département d’origine de l’auteur de la lettre:

NDZANA OLONGO Gilbert

Secrétaire Général de la Confédération des Syndicats  Indépendants du Cameroun

Contats : 99 56 33 02 / 77 79 73 15

Yaoundé, le  30 Septembre 2014


S. E. Monsieur Paul BIYA,
A

Président national du (RDPC)

Rassemblement  Démocratique  du Peuple Camerounais

  

OBJET : Mon exclusion temporaire de 18 mois    du RDPC.

Excellence, Monsieur le Président National,

En date du 16 septembre 2014, les médias d’Etat ont largement diffusé le train de sanctions que vous avez prises contre certains militants du RDPC dits indisciplinés.

Le quotidien national Cameroon Tribune dans son édition du mercredi 17 septembre a relayé lesdites informations ainsi que le journal l’Action proche du parti au pouvoir.

Je me suis trouvé inexplicablement dans cette liste de militants avec une sanction de 18 mois de suspension. C’est peut-être maintenant que je vais devenir indiscipliné car je refuse cette distinction non honorifique.  Pourquoi ?

Tout d’abord et avant de relever les défaillances, le fond et la forme d’un jugement avant de dire droit  n’ont pas été respectés.

En effet, le principe du contradictoire a été volontairement et ostensiblement violé car, la nature et les motifs de l’accusation portée contre moi, ne m’ont jamais été notifiés (article 14 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques) et contrairement à mes camarades, je n’ai jamais été ni convoqué, ni entendu.

Que l’on produise un reçu de citation à comparaître devant la commission de discipline encore moins une décharge d’une correspondance du Comité Central me notifiant les motifs de ma comparution devant une instance disciplinaire. Je dispose pourtant d’un domicile bien connu à Lobo et d’une résidence bien identifiée à Yaoundé, siège de l’instance disciplinaire. Doublé de cela, je suis un homme public bien reconnu de la place. A la lecture des sanctions, il m’est arrivé de me demander s’il s’agit effectivement de moi ou bien d’un problème d’homonymie. Je défie donc  le Comité Central de vous présenter une preuve laissant trace écrite ou tout autre moyen de la notification de ma convocation. Je ne sais pas s’il existe des dispositions statutaires qui prévoient ce genre de comportement qui s’apparente aux méthodes de l’inquisition.

La théâtralisation de la commission de discipline, sa parodie de justice ont fini par nous édifier sur le manque de sérieux de nos camarades du Comité Central qui ont été instrumentalisés par les soit disant faiseurs de roi de la Lekié qui  ne représentent finalement qu’eux-mêmes et un certain état d’esprit spoliateur, plus rien. Il est facile de le comprendre à partir de là, la percée du parti politique le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) du Pr Maurice KAMTO aux dernières élections couplées de l’Arrondissement de Monatélé, jadis considéré comme votre vivier électoral, fait patent sur lequel je ne voudrais pas revenir.

Ce que je sais est qu’il y a un  problème qui m’opposait  à des faiseurs de rois ou qui se prétendent tels  qui  ont voulu m’utiliser au cours d’une réunion tenue chez un dignitaire du régime contre le camarade KOA SONGHO Gabriel (ancien député, Président de la Section RDPC Lékié-sud), sous le fallacieux prétexte qu’il est « marafiste ».

A Lobo, le RDPC local a choisi de présenter aux élections, en l’absence de tout consensus tel que prescrit dans votre lettre circulaire des individus pour la plupart au confort intellectuel approximatif, à la moralité douteuse dont le passé militant n’est pas avéré. On a laissé de côté, les dirigeants de base et ceux-là même qui contribuent financièrement au rayonnement de notre parti. On imagine que cette manœuvre de déstabilisation avait pour objectif la maîtrise des  futurs conseils municipaux, dans lesquels il n’y aurait eu aucun débat constructif.

Dès lors, tous ceux qui ne voulaient pas soutenir les candidats de leur choix étaient promis à l’échafaud, présentés comme des indisciplinés, systématiquement écartés et, plus tard, traduits en conseil de discipline et sanctionnés. C’est mon cas.

Ainsi, voici la liste non exhaustive des cadres du parti, tous pourvoyeurs des fonds privés au bénéfice du RDPC qui ont été écartés ou contraint à jouer à de la figuration. Il s’agit de :

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  • ODDI Cyrille (Président des jeunes de la Section RDPC Lekié-Sud) ;
  • TSANGA EBODE Ferdinand (Président Sous-Section de Ngoulmekong) ;
  • ELOUNDOU NDONGO Louis Coty (Président Sous-Section Lobo) ;
  • MBASSI EBENDE Jean Claude (Trésorier Sous-Section de Lobo) ;
  • NDZANA Firmin (Président Sous-Section EKEKAM) ;
  • MVONDO ENGAMA Gérôme (Pétrolier de Lobo, grand opérateur économique) appelé à jouer les figurants dans la liste RDPC et interdit de présenter sa candidature à la Mairie) etc…

A cause de tous ces micmacs ayant servi à barrer la route à de valeureux  militants, notre Parti  va très mal à Lobo. Rien n’est fait pour rétablir la justice et la bonne camaraderie, la hiérarchie se rendra rapidement compte que j’ai raison de prédire les jours sombres au RDPC de la Lékié.

En prenant sur eux la lourde responsabilité de stigmatiser nos frères du Nord sur le phénomène Boko Haram, notre Département, la Lékié, est devenu aujourd’hui, du fait de ces vrais fauteurs de troubles, l’un des laboratoires par excellence d’expérimentation de la propagande des génocidaires Rwandais et de la Séléka de Centrafrique, rompant ainsi avec l’hospitalité légendaire reconnu aux populations de notre Département qui vivent en parfaite harmonie avec nos frères du Nord,  mettant ainsi à rude épreuve l’unité nationale si chèrement acquise, Pour satisfaire les appétits gloutons de quelques prébendiers et certains autres prévaricateurs qui se réfugient derrière Votre Rassemblement pour ne pas répondre de leurs actes devant le TCS (Tribunal Criminel spécial). Ils se sont livrés à toutes sortes de tripatouillages et manipulations de par leur position au comité central pour écarter de manière illégale et déloyale les camarades NGA KOUMDA et KOA SONGHO des législatives. Voilà la véritable raison pour laquelle mon dossier s’est retrouvé à la commission de discipline. C’est ma part de vérité que les autres continuent de faire diversion.

Excellence Monsieur le Président,

Pour illustrer ce qui précède, je vous prie de me permettre de donner un exemple de leur sectarisme sans doute aiguillonné par ces “grands” de la Lékié. La préfectorale a interdit à un digne fils de notre Département le Dr Louis Tobie MBIDA de construire sa demeure à Okala sous le fallacieux  prétexte qu’il est de l’opposition politique.

Si de telles dérives ne sont pas stoppées et si les militants, les vrais qui vous soutiennent pour ce que vous êtes et pour ce que vous faites et non pour leurs propres intérêts ne sont pas rassurés, l’incidence sur la foi du militant au RDPC pourrait aboutir à deux attitudes :

  • Démission du Parti ou
  • Hypocrisie de figurant qui combat le Parti de l’intérieur.

Ce sont eux qui, il y a quelque temps, ont fait une sortie médiatique politiquement inopportune et contextuellement dangereuse pompeusement dénommée « l’Appel de la Lékié ». Ils croyaient bien faire et voulaient attirer votre attention sans se rendre compte que la dangerosité de leur action ferait  désormais d’eux des individus dangereux pour la paix et la stabilité du pays, concepts qui vous sont très chers et pour lesquels vous vous battez au quotidien.

Au moment où des menaces sur le pays  pointent à l’horizon, nous avons plus que jamais besoin d’unir tous les fils et filles de notre pays pour organiser une union sacrée autour de vous et de nos vaillantes forces armées. Ces individus, qui n’ont rien compris, juste obnubilés par un peu de pouvoir que vous avez eu l’amabilité de leur déléguer, cherchent à saper les fondements de votre action salvatrice de sauvegarde  de la paix et de développement de notre pays.

Excellence, Monsieur le Président national,

La Lekié tout entière se sent aujourd’hui déshonorée, dans son immense majorité, elle ne se sent pas concernée par cet « appel » contre nos frères  septentrionaux. Elle vous exhorte à la rendre plus heureuse et plus fidèle que d’habitude en débarrassant des allées du pouvoir ces individus aux desseins malsains qui ne peuvent que vous desservir et détruire votre œuvre de construction d’une nation engagée dans la réalisation des Grandes Ambitions.

En ce qui me concerne, je ne suis ni un opérateur économique qui demande des marchés publics, ni un fonctionnaire d’un quelconque poste dans l’Administration institutionnelle, encore moins un militant avide d’un poste quelconque dans l’appareil du Parti. Je reste et demeure un militant de base. Je souhaite que les hommes et les femmes de ce pays retiennent que j’ai lutté pour la justice sociale, pour les populations pauvres et défavorisées et pour l’instauration de la vraie démocratie  avec  la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire ainsi que l’indépendance de la magistrature que vous avez préconisée à notre pays et que d’aucuns tentent de saborder pour des raisons qu’ ils sont les seuls à connaître.

Excellence Monsieur le Président National,

Votre pensée politique contenue dans « POUR LE LIBERALISME COMMUNAUTAIRE » reste notre Bible, notre livre de chevet et notre lien constant avec vous et nous n’accepterons pas que quelqu’un  les foule aux pieds. Vous seul avez toutes les solutions en main.

Excellence Monsieur le Président National,

J’ai grand espoir que cette note que je vous fais retiendra votre auguste attention, car les actes que certains posent en votre nom désorientent le peuple et créent une grande lassitude qui décourage le bon, le vrai militant, à continuer à jurer au nom de notre parti.

Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président National, l’assurance de ma très haute et fraternelle considération.

 Gilbert NDZANA OLONGO

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