Features

Trop c’est trop! Ces meurtres, poussés au bout de l’horreur

yaounde-municipal-lake-Lac Municipal

Jusqu’où les meurtriers n’iront-ils pas assez loin dans l’horreur ? Deux crimes singuliers ont été signalés en fin de semaine dernière. Ils sont en en certains points semblables, en ce que les auteurs ajoutent l’horreur à l’horreur, la cruauté à la cruauté. A la manière de l’hyène qui défèque dans un champ et se torche sur les tuteurs d’ignames.

Ils se sont produits à un millier de Km d’intervalle, créant stupeur et désolation identiques dans les familles et les communautés.

L’horreur à l’horreur

Non contents d’avoir mis fin à la vie de Yanda, un lycéen de 21 ans, élève en classe terminale à Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, ses (ou son) meurtrier(s) ont (a) jeté son corps, dans le puits où les populations riveraines s’approvisionnent en eau. Comme si cela ne suffisait pas d’avoir assassiné le lycéen, endeuillé sa famille, il aura fallu en plus empoisonner, par sa dépouille, le point d’eau.

Dans un quartier de Dschang, département de la Menoua, région de l’Ouest, c’est le corps de Briol, un garçon de sept ans, élève à la Sil, disparu depuis quelques jours, qui a été retrouvé en état de putréfaction dans une case abandonnée. En plus de la vie, ses (ou son) bourreaux lui ont (a) ôté, la langue, le sexe et les yeux. On peut imaginer le traumatisme que cela provoque au sein de sa famille et parmi les proches.

Ces meurtres, poussés au bout de l’horreur, portent les stigmates d’une société gravement atteinte et malade de certains de ses membres ayant perdu toute humanité, sont devenus des « loups pour l’homme », selon la formule de Thomas Hobbes. Ce, d’autant que ces barbaries ne constituent pas, loin s’en faut, des cas isolés.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

L’on a encore en mémoire une saga des barbares, de décembre 2012 et au long du premier semestre 2013. Au total 19 jeunes filles dont l’âge se situait entre 17 et 23 ont été violées pour certaines, assassinés et certains organes de leur corps prélevés. Ce fut à Yaoundé (11 cas), à Bafoussam (4) et à Batié (4). C’est de cette ville du Haut-Nkam, dans la région de l’Ouest, qu’était partie cette folie meurtrière, pour gagner le chef-lieu de la région et la capitale, enfin.

Dans la région du Nord, à quelques années d’intervalle, au début des années 2000, l’on avait eu à déplorer aussi des crimes voisins de cette boucherie. Ce sont un garçon et une fillette, à l’âge de cinq ans, qui en avaient été les victimes. Leurs bourreaux leur avaient extrait les yeux, les abandonnant tout ensanglantés dans une nuit noire dont ils ne sortiront jamais.

A chaque fois, face à pareil horreur, ce sont toujours les mêmes questions qui se posent : Qu’est-ce qui pourrait expliquer de tels crimes ? Rites magiques ou trafic d’organes ? Comment des créatures humaines peuvent-ils en arriver à un degré de bestialité que même les bêtes, les plus cruelles, ignorent ?

Dans tous les cas, ces horreurs interpellent la société entière. Pas uniquement les défenseurs des droits de l’Homme, des droits des enfants, dont on s’étonne parfois du silence face à ces cruautés. C’est bien la société entière qui doit se mobiliser, se lever comme un seul homme, pour dire : « Assez » !

MONDA BAKOA

Populaires cette semaine

To Top