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Trois bonnes raisons de célébrer la 3e place de la RD Congo

RD Congo - Guinee Equatoriale

En remportant la petite finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2015 face au pays organisateur à l’issue de la séance de tirs au but (4-2), les Léopards de la République Démocratique du Congo signent une performance qui ne manque pas de symboles rafraîchissants.

1.- Une Guinée-Équatoriale déjà déçue de toute façon

Un public à tout casser. C’est peut-être l’image qui restera des fans du Nzalang Nacional au terme de cette CAN 2015. Et pourtant leur équipe a fait un parcours plus qu’honorable, certes entaché de doute après le quart de finale face à la Tunisie.

La belle vitrine d’hospitalité et de sportivité du public équato-guinéen a volé en éclats lors de la demi-finale face au Ghana, dont la  domination était incontestable balle au pied. La clémence de la CAF après les incidents de fin de ce match qui fit 36 blessés risquait de donner à une 3e place pour le pays hôte les airs d’un ultime cadeau de Issa Hayatou au pays d’Obiang Nguema Mbazogo. La Guinée-Equatoriale, jamais qualifiée sur pelouse, semblait n’avoir d’yeux que pour la médaille d’or. Et finalement ne méritait même plus le bronze, d’un point de vue sportif. Pour la RDC par contre, se retrouver sur le podium est un bel accomplissement, notamment pour les joueurs évoluant dans mes clubs locaux.

2.- Des Léopards très joueurs malgré les troubles sociaux au pays

Le football dans une compétition phare n’est pas une affaire de consolation pour les populations restées au pays. Mais en l’occurrence, les observateurs de la scène africaine ne manqueront pas d’avoir une pensée émue pour cette formation qui a su produire du beau football et des matches spectaculaires en dépit des nouvelles préoccupantes : pendant la CAN, la police congolaise a ouvert le feu à Kinshasa pour disperser des milliers de sympathisants de l’opposition qui dénonçaient une nouvelle loi électorale permettant selon eux au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.

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Sans se démonter, les Léopards ont tracé leur chemin jusqu’au deuxième tour et ont livré en quart de finale ce qui sera sans doute le match le plus haletant de cette CAN 2015, en remontant deux buts au voisin congolais pour l’emporter 4-2 !

3.- Pour le gardien Kidiaba et pour le coach Ibenge

Ce samedi fut le dernier match en sélection du portier congolais Robert Kidiaba (39 ans) connu pour célébrer les buts de son équipe en « rampant » sur ses fesses. Un moment fort ponctué par l’arrêt d’un tir au but lors de l’épreuve décisive.

Mais comment ne pas noter le parcours du coach Florent Ibenge le seul entraîneur africain francophone qualifié in-extremis pour la CAN 2015, et aussi le seul entraîneur noir à avoir rallié le dernier carré de cette 30e édition de la CAN ?

Pour bien se rendre compte de l’exploit d’Ibenge dans un contexte où l’on parle volontiers de « sorciers blancs », rappelons que parmi les entraîneurs au départ de la CAN 2015, trois étaient d’origine africaine (Florent Ibenge de la RDC, Ephraim Mashaba de l’Afrique du Sud et Honour Janza de la Zambie). Or 13 de ces entraîneurs étaient blancs, dont cinq Français : Claude Leroy du Congo Brazzaville, Hervé Renard de la Côte d’Ivoire, Alain Giresse du Sénégal, Michel Dussuyer de Guinée Conakry, Christian Gourcuff de Tunisie…

Bravo encore à la République Démocratique du Congo.

ARTHUR BILOUNGA

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