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Tribunal: Me Harissou devant le Tribunal militaire

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Il se trouve depuis une semaine au Secrétariat d’Etat à la Défense en même temps qu’Aboubakar Siddiki arrêté pour la même cause.

Hier, il était prévu que Me Harissou se retrouve au tribunal militaire de Yaoundé. Mais, il n’a finalement pas été extrait de sa cellule au Secrétariat d’Etat à la Défense, nous a indiqué une source. Ce qui sera certainement fait dans les prochains jours ou heures. C’est le vendredi 26 septembre 2014 que le notaire et Aboubakar Siddiki, leader du Mouvement patriotique du salut camerounais (Mpsc) ont été transférés au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). « À la prison secondaire de Yaoundé », selon les sources officielles. Il est question de boucler l’enquête et surtout de les présenter devant le Tribunal militaire pour répondre des actes qui leur sont reprochés.

Officiellement, ils sont accusés de vouloir déstabiliser le Cameroun à partir de la République centrafricaine. Au cours d’une conférence de presse début septembre, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary en posture de porte-parole du gouvernement avait indiqué qu’effectivement les deux personnalités sont arrêtées pour des faits présumés liés à un projet de déstabilisation du Cameroun.

Avec ce transfèrement, les deux hommes s’apprêtent maintenant à faire face à la justice. Mais la suite de l’enquête permettra de savoir s’ils seront  seuls devant le juge ou alors, s’ils seront avec d’autres coaccusés. La dernière hypothèse est la plus probante. Parce que, il n’est pas exclu que la Dgre procède à de  nouvelles interpellations. En tout cas, selon plusieurs sources l’enquête va se poursuivre pendant qu’ils sont au Sed. Par contre ce qu’ils gagnent à être dans ce camp militaire transformé il y a bientôt un an en prison, c’est qu’ils peuvent rencontrer d’autres personnes, en dehors de leurs geôliers. Car, durant plus d’un mois qu’il a passé à la Dgre, Me Harissou, à en croire des sources concordantes n’a reçu ni avocat, ni un membre de sa famille.

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Pas même son épouse qui avait tenté de lui faire parvenir ses habits pour se changer. Maintenant au Sed, il a la possibilité de recevoir. Officiellement. Hier, il n’y avait pas un dispositif particulier. Mais, beaucoup de personnes ont hésité à s’y rendre, a-t-on appris. Par peur. « La machine est devenue folle. Sur ce concept, tout le, monde peut être arrêté », se plaint une source, qui promet d’aller le voir quand la situation va se calmer. Au Sed, on explique que les enquêtes se poursuivent. Seulement, beaucoup font le lien entre les critiques liées à la condition de leur détention et leur transfèrement. En fait, plusieurs personnalités dont Maurice Kamto, avaient indiqué qu’il s’agit d’un « enlèvement extrajudiciaire ».

Il est allé jusqu’à exiger une enquête parlementaire sur l’utilisation de la Dgre à des fins politiques. Par contre, d’autres sources y voient plutôt un rapport direct entre cette affaire et Marafa Hamidou Yaya. Puisqu’il est établi que le notaire est son ami d’enfance, et malgré son arrestation, il est resté proche de lui. Cette thèse est-elle plausible ? Difficile de l’affirmer. Ce qui est par contre certain, c’est que les enquêteurs disent détenir des « éléments compromettants » tirés entre autres des écoutes téléphoniques du notaire. Pour l’instant, seule l’ouverture du procès pourrait fixer les uns et les autres.

Pour rappel, Me Harrissou, notaire bien établi à Maroua, auteur de plusieurs ouvrages avait été interpellé le 27 août dernier dans les services du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, lequel avait pris le soin de le convoquer. Une fois sur place, il a été conduit à Yaoundé dans les services de la Dgre notamment. Depuis lors, il a été coupé du monde jusqu’au 26 septembre dernier.

Avant lui, Aboubakar Siddiki, avait été interpelé le 9 août 2014 à Douala par des éléments armés. Lui aussi conduit dans les mêmes locaux et pour la même cause. A qui le tour ?

© Le Jour : Younoussa Ben Moussa

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