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Très courte visite du chef d’Etat Français au Cameroun : Que redoute François Hollande?

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Une visite de moins de trois heures du président français en terre camerounaise. Pourquoi faire ?

Après le boycott du Cameroun par Sarkozy pendant son quinquennat, les trois heures de visite de Hollande apporte la preuve, s’il en était encore besoin que le Cameroun ne jouit plus de sa position autrefois privilégié dans le pré carré français. En effet, dans le cadre de sa visite en terre camerounaise, François Hollande en provenance du Bénin, passera seulement quelques trois heures d’horloge. Une visite qui devrait se limiter à une cérémonie protocolaire à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, plus un tête-à-tête avec le président Paul Biya au palais de l’Unité.

Un dîner d’Etat sur le même site achèvera ladite très brève visite qui suscite maintes interrogations. Soutien avéré du mariage pour tous et donc de l’homosexualité, soutien présumé de BokoHaram, soutien( ?) aussi de tous ceux qui s’attaquent au Cameroun et à son chef le Président Paul Biya (Jeune Afrique, divers activistes et récemment le parlement français qui qualifiait le Renouveau de régime «illégitime, né de la répression »)… le président Français est la dernière personne que les camerounais souhaitent de voir sur la terre de leurs ancêtres ces jours-ci. Si ce n’est pour lui dire clairement ce qu’ils pensent de lui.

Son ambassadeur ici, Christine Robichon a reçu un aperçu des plus expressifs de la colère des camerounais contre son pays, lors de la marche patriotique contre Boko Haram, le 28 février 2015 à Yaoundé. En effet, pour l’essentiel des camerounais, la France manœuvre en douce avec Boko Haram pour déstabiliser leur pays. Aussi cette grande marche patriotique a encore donné l’occasion de mesurer le ressentiment des compatriotes d’Eto’o Fils contre l’Hexagone : «Non à la France !», «La France dehors !», «on ne veut pas la France !», «non à l’intervention de la France!», «on ne veut pas de François Hollande au Cameroun !».

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Christine Robichon en a pris pour son grade ce jour-là sur le boulevard du 20mai ; un jour qui restera un des plus noirs du séjour en terre camerounaise du plénipotentiaire français. Malgré les apparences trompeuses de l’hypocrisie diplomatique, il n’est un secret pour personne que le président Paul Biya est persona non grata à l’Elysée. Nicolas Sarkozy l’a boudé et snobé durant tout son quinquennat, au point qu’il a quitté le pouvoir sans mettre le pied au Cameroun. Certains analystes sont unanimes que Paul Biya l’a seulement dépassé, sinon il lui aurait infligé le traitement qu’il a appliqué à Mouammar Kadhafi ou encore celui donné à Laurent Gbagbo.

Mais, si les politiques français peuvent se permettre de décider qui boycotter en Afrique, les hommes d’affaires ne peuvent s’autoriser de jouer à ce jeu car d’énormes intérêts sont en jeu. Aussi pourrait-on comprendre la brève visite de François Hollande au Cameroun, comme le moyen de venir donner un coup de pouce à Bolloré en grande difficulté au Port en eau profonde de Kribi ? Ou encore d’exiger la limitation de l’expansion économique de la Chine au Cameroun ? Et la question qui se poserait alors est de savoir qu’elle serait la contrepartie ?

N’en déplaise à ceux qui croient avoir le monopole du patriotisme au Cameroun, il n’y a pas plus patriote que le président Paul. Et très certainement, Nnom Ngii qui, à plusieurs occasions déjà, a démontré aux occidentaux qu’il ne plaisante pas avec la souveraineté du Cameroun, que l’ère des accords de coopération qu’on nous faisait signer sans lire est depuis longtemps révolue, attends de pied ferme et saura, à n’en point douter, donner la réponse appropriée à son hôte : « M. Hollande, le Cameroun c’est le Cameroun ».

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