Features

Transports urbain à Yaoundé: Le Cameroun perd 10 milliards pour sauver «Le Bus»

le_bus_Cameroun

Le gouvernement qui avait cru à ce projet porté par une initiative privée, lui garantira son accompagnement à travers une grosse subvention dont l’enveloppe trimestrielle était de 426 millions de FCFA. «L’objectif était de booster la compétitivité de l’administration camerounaise, tirer la croissance de l’économie nationale, et soulager les misères des populations de la ville de Yaoundé face aux difficultés de déplacement engendrées par la disparition de la SOTUC – la Société de transport urbain du Cameroun», apprend-on.

En effet, c’est en septembre 2006 que la Transnational industry Cameroon démarrait officiellement ses activités dans le domaine très lucratif du transport urbain dans la capitale politique du Cameroun, avec à la clé une intrusion dans l’univers du transport interurbain. Sous la bannière de «Le Bus», l’arrivée des investisseurs américains dans cette aventure qui apparaissait autrefois comme une espèce de résurrection de la défunte SOTUC, fut accueilli avec enthousiasme au Cameroun.

Dans son édition n°156 en kiosque lundi 21 mars 2016, l’hebdomadaire Sans Détour dévoile les raisons de la descente aux enfers de cette entreprise. L’on y apprend que la gabegie initiée par ses dirigeants en est la principale. «Les employés, réduits à un effectif de 127 ouvriers totalement démotivés, traînent près de 14 mois d’arriérés de salaire. Le parc automobile est passé de 90 à 6 vieux bus, et l’exploitation de la structure agonisante se confine autour de deux lignes».

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

«La multiplication des postes de direction et leur cortège de dépenses, les salaires faramineux et autres avantages indus accordés aux responsables, et le gonflement du parc automobile dans un empressement soupçonnable à l’initiative de la direction générale de l’entreprise pilotée par un certain Lal Kassabaï de nationalité américaine en fuite depuis juin 2014, auront laissé libre cours à des erreurs managériales qui ont conduit le Bus dans le creux de la vague», indique le journal.

Le Cameroun a perdu 10 milliards pour sauver «Le Bus», à travers les 426 millions de F Cfa déboursés par trimestre au titre de subvention pendant 8 ans. Le tout dernier Conseil d’administration de la structure au bord de la faillite, tenu le 10 mars 2016 à Yaoundé, a failli entériner la fermeture totale de le Bus, tel que souhaité par son PcCA et certains administrateurs, si le représentant du ministère des Transports ne s’était pas opposé. Ce dernier arguait qu’ «il était judicieux de prendre langue avec d’autres partenaires pour le maintien en vie de la société dans la perspective de la Can 2019», apprend-on.

Selon le journal, la grosse inconnue demeure le sort que les pouvoirs publics réservent aux différents gestionnaires de la fortune publique, du moins ceux-là qui assuraient les taches de direction et de gestion de le Bus au moment où l’entreprise, aujourd’hui mal en point, bénéficiait des subventions de l’Etat.

Onana N. Aaron

 

Populaires cette semaine

To Top