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Transport urbain: Les taximen ont-ils désormais le droit de vous « bacher » ?

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La surcharge est-elle encore un « motif » pour verbaliser les transporteurs aujourd’hui ? Pas sûr, vu le bel élan avec lequel ils y vont. Vous avez beau bien payer, « proposer » un prix intéressant pour votre trajet, à la première opportunité, vous êtes « bâché ». Estimez-vous heureux que le chauffeur fasse au moins semblant de demander votre avis.

Comme Hubert F., vendeur de produits de naturopathie, beaucoup ont reçu de quelque taximan bougon, à qui ils osaient reprocher leur manque de confort : « Achète ta propre voiture ! ». Idem dans les cars de transport fidèles à la formule passagers-sardines. Le « conseil » d’acheter son auto, plusieurs d’entre nous, usagers, n’hésitent pas à le suivre dès que possible, vu la « qualité » du service en vigueur depuis longtemps déjà dans les taxis, cars et sur les motos. Berthe J., jeune fille apparemment peu habituée à ces modes de transport, s’est retrouvée un jour avec son vêtement sali au niveau de l’épaule. Raison, en entrant dans le taxi, elle a, dans un geste réflexe, tenté d’attacher sa ceinture de sécurité. Cet accessoire n’avait pas servi depuis si longtemps qu’il s’était encrassé – apparemment, même à la laverie personne n’y touchait plus. C’est donc une belle bande de poussière qu’elle a eue en souvenir. Vous pensez que le chauffeur a songé à la dédommager ? Rigolade !

Les salissures dans le taxi, ça arrive souvent, hélas ! Ne comptez pas sur le conducteur pour refuser d’embarquer un apprenti-frigoriste sorti chercher une pièce et qui rentre à l’atelier. Attention à sa blouse ! Cela dit, reconnaissons que ça n’arrive pas tous les jours, de tâcher ou d’effilocher sa tenue dans une voiture jaune. Ce qui est plus courant, mais non moins embêtant, ce sont les trajectoires improbables.

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L’usager qui entre dans un taxi a, de par sa position de départ, une idée assez claire du trajet que le chauffeur empruntera pour sa destination. Désagréable est donc la surprise de voir le « pilote » prendre d’autres couloirs. Ces détours, cela va sans dire, rallongent le temps à bord. Si le client proteste, il risque de recevoir le fameux conseil sur l’achat d’une voiture personnelle. De fait, les transporteurs, il ne faut pas les « chercher ». Est-ce dû au confinement dans l’habitacle, au stress de leur travail, à la pression de la recette ? Toujours est-il que beaucoup de spécimens parmi eux semblent aussi volatiles que le carburant qu’ils utilisent.

Bien souvent, à la moindre étincelle, ça s’embrase dans le taxi, le car, ou sur la moto. Chamailleries, disputes, chacun a dû en voir ou en subir à son tour dans le microcosme du transport. Certes, les transporteurs eux-mêmes, étant en contact avec tous types d’individus, trouvent parfois leur « remède »… Au final, ça donne la spirale infernale, le cercle vicieux entre des protagonistes pourtant appelés à se côtoyer au quotidien. Et dire que l’exercice de transport doit s’effectuer dans la sérénité, afin de garantir au mieux la sécurité. Un conducteur sur les nerfs, quoi de plus dangereux pour lui-même, ses passagers et les autres usagers de la route ? « Le transport urbain, c’est une des premières vitrines d’un pays », estime Pierre-Marie P., communicateur. « Quand un étranger arrive, constate que quatre personnes vont sur une moto, il s’en fait tout de suite une idée », ajoute-t-il. En d’autres termes, il y a urgence à policer tout ça.

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