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Transport urbain : De nouveaux taxis VIP dans la ville de Yaoundé

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Ces véhicules gris qui se contactent au bout du fil viennent répondre à leur manière, à la forte demande en transports urbains, dans la capitale.  Ils sont rares. Certains indiquent même ne les avoir jamais vus. Et c’est au lieu dit « Nouvelle route Bastos » que CT retrouve un de ces taxis ce lundi matin. Le conducteur brille par son élégance. Il arbore une chemise blanche et sa cravate est savamment nouée. Mais à peine la conversation entamée qu’il reçoit un coup de fil. « Je dois aller prendre une dame à Bastos pour la déposer au rond-point Express, du côté de Biyem-Assi », explique-t-il, dans la précipitation.  La clé sur le contact et le voilà parti.

C’est ainsi que fonctionnent les « Grey Cab », comme on les appelle. Ces véhicules gris avec des allures de voitures personnelles font désormais partie du décor de la ville de Yaoundé. On ne les croise pas à tout bout de champ, comme les taxis jaunes. Il faut passer un coup de fil, indiquer le lieu où l’on se trouve pour être transporté. 3500 F le dépôt et 4000 F l’heure pour la course en journée. Et là nuit c’est 4000 et 5000 F qu’il faut débourser.

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Et une fois à l’intérieur, difficile de regretter son argent, si l’on est amoureux du confort. L’habillage des fauteuils n’est pas à plaindre. La climatisation fonctionne. La ceinture de sécurité est de rigueur et la voiture est propre. Ce projet est porté par deux jeunes Camerounais. Ils ont fait le constat de l’insuffisance des moyens de transport urbain et se sont engagés à apporter leur contribution. Une vingtaine de berlines desservent la ville depuis près de neuf mois et ils comptent en rajouter, tout en s’installant dans d’autres villes. Ils ont aussi des 4×4 pour des locations journalières aux prix discutables. Au-delà de l’aisance des clients, les promoteurs mettent un accent particulier sur leur sécurité. « Ce sont les cas récurrents d’agressions des usagers dans les taxis qui nous ont incités à lancer ce projet. Avec cette solution, les passagers n’ont pas ce genre de désagrément. Ils sont seuls dans la voiture jusqu’à destination. Nous ne portons personne d’autre. Nous savons quel chauffeur on envoie. Quand vous appelez, on vous localise, vous transporte  et on vous dépose le plus proche possible de votre domicile », explique Rostand Youta, un des promoteurs.

Le service est un peu plus coûteux par rapport aux 2500 F que les Yaoundéens paient pour le dépôt en journée dans les taxis jaunes ou 3000 F/h pour la course, mais n’allez pas croire qu’ils manquent de clients. Depuis le lancement, les abonnés se comptent déjà par centaines. L’un d’eux indique d’ailleurs que « la vie n’a pas de prix. J’ai déjà eu à perdre tout mon salaire en décembre suite à une agression dans un taxi. Si je dois payer 3500 F et arriver avec mon argent à la maison, pour moi, ce n’est rien », explique-t-il. En revanche, un autre indique que le « Grey Cab » est cher. Il propose d’ailleurs aux promoteurs de revoir les prix à la baisse pour qu’ils soient à la portée de toutes les bourses. Pour plusieurs autres Camerounais en tout cas, c’est une contribution qui vaut la peine, en ce moment où la capitale manque de moyens de transport de masse.

Sources : A la une aujourd’hui

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