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Transfert de Longuè Longuè : Me Charles Tchoungang: «Ce n’est pas automatique»

Quelle lecture faites-vous de la demande de transfert de l’artiste Longuè Longuè au Cameroun?

Cela relève des autorités françaises et de l’artiste qui doivent formuler cette demande. Il y a des accords entre le Cameroun et la France qui datent de 1974. Si toutes les conditions sont réunies au Cameroun pour qu’il achève sa peine, il est possible qu’il soit transféré. Mais les autorités françaises veilleront à ce qu’il respecte effectivement sa peine. Dans de pareilles circonstances, le pays qui effectue le transfert vérifie si la peine va être purgée dans son pays d’origine. On a vu en 2013 et dans le cadre du trafic d’enfants, notamment avec l’affaire de l’Arche de Zoé, que les clauses n’ont pas été respectées.

Qu’adviendrait-il s’il est relâché par les autorités camerounaises?

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Cela voudrait dire que pour les autres cas, la France ne cédera plus à la demande du Cameroun. C’est une question de réciprocité. Longuè Longuè n’est pas le seul Camerounais en prison en France. Je veux dire que les artistes n’ont pas un statut particulier et la presse nationale doit cesser de faire croire qu’ils ont d’autres droits.

Quelles sont concrètement les conditions d’un possible transfert au Cameroun?

Il y a une procédure en France. D’abord, il faudrait avoir purgé une grande partie de sa peine en France. Par la suite, formuler une demande de transfert dans son pays d’origine. Les autorités judiciaires françaises doivent interroger que le Cameroun pour s’assurer le reste de la peine sera purgé. Enfin, la diplomatie judiciaire en obtient les garanties. Le juge d’application des peines en fait la proposition. Je dois dire que ce transfert n’est pas automatique, un droit. Si toutes les conditions ne sont pas réunies, la France a le droit de refuser. Du moins, si elle estime que c’est une technique pour sortir de prison.


Jean-Philippe Nguemeta

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