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Trafic dangereux : Une entreprise chinoise fabrique de fausses bouteilles de gaz

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Un vaste réseau de mise en bouteilles et distribution du gaz industriel vient d’être démantelé par les éléments de la police dans l’espace portuaire de Douala. L’espace entre le Chantier Naval et industriel du Cameroun et la Socapusel nous met face une barrière hermétiquement fermée, à l’intérieur de laquelle, se trouve la société Yong Fa Gaz Sarl appartenant à un groupe de chinois qui ont pris pour spécialité la mise en bouteille des gaz de marques bien connues des milieux industriels et sanitaires. Une perquisition effectuée le 19 novembre 2015, a permis de constater la grande production des gaz FME, Air Liquide, GIM Gaz et en de volumes assez importants. Ici, on produit la matière servant d’oxygène dans nos hôpitaux, de l’acétylène et de l’azote, des produits tout aussi délicats et même dangereux, qui sont distribués avec une aisance légendaire.

Une source proche de la commission mixte police et délégation du commerce pour le littoral qui a fait une descente sur les lieux, nous fait savoir que «Yong Fa Gaz Sarl fonctionne dans l’illégalité parfaite, n’ayant ni autorisation, ni même l’équipement adéquat pour évaluer la qualité des produits encore moins l’équipement approprié en cas de pépin dans un site aussi complexe que le port de Douala». La même source parle de graves conséquences environnementales. «Les risques sont grands au regard de la bonne quantité de produits retrouvés sur le site et dans des conditions de conservation approximatives observées.»

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L’un des gars qui a collaboré avec la structure, nous a décrit le processus. «Il y a des gens qui ont la charge de soustraire à quelque endroit que ce soit, les bouteilles FME Gaz, de Air liquide et de GIM Gaz, et reviennent les placer dans l’entreprise qui tourne toute la journée pour la mise en bouteille des différents produits. Les livraisons commencent au petit matin avec des fournisseurs bien répertoriés. Et c’est comme cela le cycle», avons-nous appris.

Certains responsables des structures victimes parlent plutôt de grosses pertes non sans crier au scandale : «le mal est vraiment profond. Il est difficile de comprendre comment une telle activité peut se retrouver dans un espace comme celui-là sans que cela ne soit connu des autorités de la ville. Il est encore difficile de croire qu’il n y a aucune complicité derrière. Tout compte fait, ce sont les structures locales en règles qui payent chèrement ce faux savamment entretenu par certains fonctionnaires», explique à visage caché, un cadre d’une des entreprises dont le produit est imité et surtout bien vendu dans des circuits mafieux. Impossible pour nous de rencontrer les responsables. Le portail est fermé et pas l’ombre d’une personne.
Affaire à suivre en tout cas.

© La Nouvelle Expression : Alphonse Jènè

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