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Tout est à reprendre à la fécafoot : 72 heures de présidence pour Tombi à Roko

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Ce que tous les délégués à l’Assemblée générale de la Fédération camerounaise de football du 28 septembre 2015, favorables au consensus redoutaient est arrivé. L’annulation de tout le processus électoral.

Les Procédures en instance devant la chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du comité National olympique et sportif du Cameroun (CNOSC) avaient conduit à un triomphe modeste pour les vainqueurs du simulacre d’élection organisée par le comité de Normalisation de Joseph owona le 28 septembre 2015 sur les hauteurs du Mont bankolo, à l’hôtel Mont Fébé. Après qu’Abdouraman ait été débouté par le tribunal arbitral du sport (TAS) le 25 septembre dans une affaire que tous les acteurs redoutaient, portant sur l’illégalité de la dernière prorogation du mandat du comité de Normalisation, c’était la jubilation.

Une joie qui avait fait pousser les ailes au comité de normalisation et aux partisans de Tombi à Roko  sidiki. tel point que, malgré la sentence de la CCA du 23 septembre 2015, annulant les élections de la ligue régionale de football de l’est, ce qui conduisait ipso facto au report et la non tenue de l’Assemblée générale élective fédérale, les partisans du pseudo consensus du Premier ministère ont décidé de jouer les jusqu’au-boutistes. Ce qui devrait leur permettre de mettre en musique leur sombre projet, celui d’arriver à reconstruire l’oligarchie qui a fait sombrer le football camerounais depuis plus de dix ans, et reprendre les rênes de la Fécafoot.

Ils y sont parvenus. tombi a été élu président de la Fécafoot. L’histoire le retiendra. Même si cela a été de courte durée. Comme seidou Mbombo Njoya, Président par intérim après l’élection de mai 2013. Abdouraman Hamadou babba a tout caché. Lui qui avait été lâché dans l’affaire du TAS par ses compagnons de combat, qui sont allés nouer des alliances contre nature avec la bande qui se réclamait héritière de l’ex-président Iya Mohammed, était serein dans la procédure qui était en instance à la CCA. «Je vous prie de me croire. Cette affaire est très très loin d’être terminée contrairement à ce que l’on peut penser après le rejet de notre appel concernant la prorogation du mandat du Comité de Normalisation de la Fecafoot. Ce que le TAS nous a refusé hier (départ immédiat de ce comité), le temps se charge de le faire.

Le 30 septembre à minuit, le pr owona quittera définitivement la Fécafoot.» lui aussi se montrait téméraire : «ce n’est pas parce qu’une élection s’est tenue qu’elle devient automatiquement valide… » Avant d’ajouter : «La pseudo élection qui se tiendra lundi le 28 septembre 2015 aura pour seul mérite de nous débarrasser de ce comité qui a fait la honte de notre pays. pour le reste, ça se jouera devant la CCA ou en cas de besoin, devant le TAS.» la suite, on la connait, ce que le TAS n’avait pas permis d’obtenir dans une procédure contre la Fifa parce que le mandat querellé du comité de Normalisation était déjà à son terme, la CCA l’a offert hier 1er octobre 2015, en déclarant illégaux les statuts de la Fecafoot adoptés le 05 août 2015, par conséquent annulait leur adoption et le processus électoral qui a été organisé sur la base de ces textes.

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L’annulation est donc relative  à tout le processus électoral. La CCA a prononcé la sentence d’«annulation de la première résolution adoptée lors de la session extraordinaire de l’assemblée générale du 05 août 2015 portant adoption des statuts avec ses conséquences de droit». Les conséquences de droit ne sont autres que l’annulation par ricochet de tout le processus électoral. car l’article 23 alinéa 2b des statuts, qui viole non seulement les dispositions de l’article 32 de la loi n°2011/018 du 15 juillet 2011 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives du Cameroun, mais également l’article 12 des statuts des ligues régionales de la Fécafoot, a entaché tout le processus électoral.

Ce fut le cas le cas de la décision sur l’adoption des textes de la Fécafoot le 2 juin 2015 avec moins de 2/3 des suffrages valablement exprimés. Le comité de Normalisation avait cru qu’en amadouant certains frondeurs, cela suffirait pour faire avaler la pilule. Un peu comme le pseudo consensus qu’on brandit. C’est donc fait, le processus électoral à la Fécafoot est annulé et sera repris entièrement. C’est-à-dire par l’adoption des textes et par la suite par les élections à la base. Conséquence, Tombi à Roko  et ses colistiers élus au comité exécutif n’auront eu qu’un mandat qui a duré 72 heures. Moins que celui du comité exécutif élu en mai 2013 avec comme président Iya Mohammed pourtant en détention préventive à la prison du secrétariat d’état à la Défense (SED). Lui aussi annulé une semaine après par la commission de recours des élections de la Fécafoot. Décidément, la transition à la Fecafoot connait des rebondissements interminables. Et dire que Tombi à Roko  s’était engagé lors de son élection à respecter les décisions de justice.

Regards tournés vers l’etat et la Fifa

Alors, de quoi seront faits les lendemains de la Fécafoot ? Toutes les instances tombent en berne. Seuls les employés assurent le service minimum. Il revient au gouvernement camerounais de prévaloir sa souveraineté auprès de la Fifa pour qu’ensemble ils mettent en place rapidement un nouveau Comité de normalisation avec un délai ne dépassant pas trois mois pour conduire cette transition à son terme. Puisque le gros du travail a été fait : celui des textes qu’il faut légèrement retoucher sur les aspects bien précis et que les différents acteurs ont déjà soulevés, mais que le Comité de Normalisation truffé de professeurs de droit ne voulait pas écouter.

Et cela devrait se faire le plus rapidement possible. On imagine déjà les uns et les autres en train de se lécher les babines. Aussi bien dans le camp des opposants à la bande oligarchique d’Iya qui s’est reconstituée autour de Tombi, qu’au sein de cette même oligarchie qui s’est aussitôt lézardée après les élections. Les engagements et les négociations de la nuit des longs couteaux n’ayant pas été respectés. Plusieurs trahisons ont exacerbé les rancunes. Mais comme dans tout foyer, pour des raisons purement tactiques, et existentielles, les courroux ont été tus. Au point qu’une motion de soutien au président de la République a été initiée et signée par 49 des 59 délégués qui ont voté Tombi à Roko.

En fait, il s’agissait d’une part pour les invétérés boulangers de remercier pour le pactole qui aurait été discrètement alloué à ceux qui se targuent d’avoir été les artisans de la décision défavorable à Abdouraman au Tas. Et d’autre part de préparer une sorte de tablier pour amortir le choc de cette décision prévisible de la CCA. Les jours prochains nous en diront sur l’attitude du gouvernement et de la Fifa. Très attendue.

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