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Terrorisme : Quand la prière ne suffit plus

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Eglises, temples et mosquées  appellent à une protection qui n’est pas seulement divine. «Aides-toi et le ciel t’aidera». Ce dicton bien connu des fidèles chrétiens toute obédience confondue, semble être partagé aujourd’hui par toutes les confessions religieuses du Cameroun. Tant la menace Boko Haram amène les uns et les autres à faire attention dans ces lieux de regroupement dédiés à la prière et à la louange du Très haut.

 L’incident du présumé terroriste du quartier Briqueterie à Yaoundé est la résultante de l’application des consignes de sécurité qui ont été données par les autorités.

Le muezzin Maïgara de la grande mosquée centrale de Yaoundé, qui en est à l’origine, explique les dispositions prises au niveau de ce lieu de prière pour se prémunir de toute attaque. «Nous n’avons pas d’éléments sécuritaires dans cette mosquée. Mais nous procédons à des fouilles et à des attouchements sur chaque personne qui entre ici, pour vérifier s’il ne détient pas d’outils pouvant nuire à la tranquillité des autres fidèles», déclare-t-il. «Nous prions aussi Allah de nous protéger», conclut-il.

Pendant que les musulmans s’en remettent à Allah, les dispositions sont un peu plus strictes chez les Pentecôtistes. Comme dans ce temple de l’Eglise pentecôtiste chrétienne du Cameroun, assemblée de Bethesda, sise au quartier Ekounou, lieu-dit Deux chevaux à Yaoundé, le révérend Marcelin Bouyedon, leader de cette assemblée a renforcé les mesures de sécurité lors des moments de prière. «Nous avons mis sur pied un comité de vigilance à l’entrée de l’église et à l’intérieur. Nous procédons à la fouille des personnes et nous avons interdit le port des sacs. Et surtout, nous nous méfions des nouveaux visages et même ceux de la maison». Les heures de prière ont subi des modifications et les cultes se déroulent désormais un peu plutôt pour permettre aux fidèles «de rentrer en toute sécurité chez eux», explique le pasteur.

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Au temple de l’Eglise presbytérienne camerounaise Lilian Brook de Kondengui, les pasteurs Jean-Claude Ndamba Eboa et Brice Edjimbi Zang ont décidé de faire «fouiller les chrétiens par les diacres à l’entrée», comme l’explique le pasteur Zang. Il fait savoir aussi que « d’autres mesures plus sophistiquées sont en projet pour veiller à la sécurité dans l’église ». Ce qui semble ne pas être le cas dans les quelques églises catholiques où votre reporter a été.

A la basilique de Mvolyé, outre le service du protocole qui est en charge de l’ordre durant les célébrations, il n’y a pas un dispositif particulier lors de l’accès des fidèles dans l’église. Que ce soit sur le plan vestimentaire, ou celui des autres encombrements (sacs, chapeaux, foulards, etc.) La même observation se fait à l’église Saint Kisito de Mvog-Mbi et Saint Benoît d’Ekounou.

Malgré la grande concentration et l’affluence dans ces lieux, les jours de célébration solennelle tels que les dimanches ne présentent pas de dispositions sécuritaires spéciales. A Ekounou, le curé des lieux s’est contenté de lire aux fidèles, dimanche dernier, «les astuces pour reconnaître un kamikaze» dans leurs milieux de vie. «On s’en remet à la protection divine», préfère ironiser un chrétien rencontré à la basilique.

Georges Parfait Owoundi

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