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Terrorisme : Incursion punitive de Boko Haram à Kolofata

Des terroristes y ont fait une incursion dans la nuit de mercredi à jeudi et ont égorgé un ressortissant nigérian, tué un membre du comité de vigilance et pillé des domiciles. Ba Moussa, à moitié égorgé, luttait avec la mort à l’hôpital de Mora hier. Le ressortissant nigérian arrivé dans la ville de Kolofata était visiblement la principale cible des assaillants qui ont fait une incursion dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon des sources militaires, c’est vers minuit que des membres présumés de Boko Haram sont arrivés au centre de Kolofata. A plusieurs dizaines et armés, ils se seraient d’abord dirigés vers la maison qu’occupait Ba Moussa.

Ils semblaient avoir repéré l’habitation de cet homme qui était arrivé deux ans plus tôt de la localité nigériane de Ngorfe. Ils lui auraient demandé de leur indiquer la boutique d’un certain Jérémie. Il leur aurait dit qu’il ne savait pas. Ils l’ont égorgé selon le rituel punitif que les djihadistes réservent à ceux qu’ils considèrent comme des traîtres à leur cause. La décapitation rituelle a-t-elle été mal faite ou les terroristes, pour faire durer le supplice, ont ils délibérément tranché la gorge sans ôter la vie à leur victime? En tout cas, Ba Moussa à été retrouvé à demi mort gisant dans son sang.

Marché clandestin

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Malgré ce forfait dont les membres des forces de défense pensent qu’il était le but des terroristes, ceux-ci ont poursuivi leur expédition sanglante. Ils ont aussi abattu Alphonse Gazawa. Ils auraient kidnappé ce membre du comité de vigilance local. L’infortuné a eu l’imprudence de sortir de son domicile situé au quartier de la chefferie. Peutêtre avait il entendu du bruit. Les assaillants s’en sont saisis et l’ont entraîné avec eux à la sortie est de la ville où ils l’ont exécuté d’une balle de fusil. Peu avant cet assassinat, la campagne répressive de la secte s’est attardée dans une dizaine de domiciles du quartier de la chefferie de Kolofata. Les terroristes ont brutalement réveillé les habitants endormis. Ils ont exigé que les femmes leur remettent tout leur argent. Ils n’ont exercé aucune violence et s’en sont retournés avec l’argent.

Le fait n’est pas anodin. Ces femmes étaient les principales animatrices d’un marché clandestin que des notables de la ville avaient fait disperser le lendemain de la fête du Ramadan. Ce marché était devenu le plus couru de la région de l’Extrême-Nord. L’on venait de ses quatre coins pour s’y approvisionner à « bon prix ». Les notables avaient établi que ces « marchandises » étaient en fait une partie du butin provenant des pillages de Boko Haram au Nigeria. Une semaine après la dispersion dudit marché, le sous-préfet de Kolofata avait requis les forces de maintien de l’ordre pour un bouclage dans le quartier de la chefferie. Peut-être Boko Haram est venu à la suite des autorités camerounaises faire sa propre rafle dans les mêmes domiciles. L’enquête ouverte par les autorités va sans doute démêler les fils de cet écheveau.

Source : Le Jour : Aziz Salatou

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