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Télévision numérique terrestre : Louis-Paul Motaze contre-attaque

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Le président du Cam-Dtv a lancé hier, des travaux relatifs à l’élaboration d’un bouquet-Cameroun, en écartant le ministère de la Communication. N’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs en lançant la télévision numérique terrestre (Tnt) le 14 juillet 2015, avant une réflexion profonde sur les contenus des programmes devant constituer le bouquet camerounais?

La question fait sourire Laurent Charles Boyomo Assala, le directeur de l’Esstic. «La réponse est dans votre question», dit-il, laconique. Ce dernier fait partie des quelque 200 participants retenus pour une consultation relative à la constitution du «premier bouquet» de 30 chaînes de la Tnt et à l’élaboration d’un guide national de contenus audiovisuels au Cameroun. En plus simple, il s’agit pour ces têtes pensantes (universitaires, acteurs et promoteurs culturels, journalistes, etc.), de trouver une identité au contenu audiovisuel du bouquet de chaînes de télévisions numériques que compte proposer le Cameroun à l’ère de la Tnt.

Les travaux se déroulent depuis hier au Palais des congrès de Yaoundé, à l’initiative de Louis-Paul Motaze, président du Comité de pilotage du Cameroon Digital Television Project (Cam-Dtv), organe en charge de la supervision de la migration de la radiodiffusion analogique au numérique. La remise en question du contenu du bouquet Tnt a de quoi déconcerter l’observateur lambda. N’y a-t-il pas déjà un premier bouquet de 12 chaînes, lancé le 14 juillet dernier (soit un mois après la date butoir fixée par l’Union internationale des télécommunications-Uit-, Ndlr) sous forte annonce du ministre de la Communication (Mincom), Issa Tchiroma Bakary? Allons-nous nous retrouver avec deux bouquets, pourrait-on se demander.

Rixe

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«A vrai dire, il s’agit d’une bataille de longue date entre le Mincom et le Cam-Dtv, soupire une source proche du dossier de la migration au numérique. Le seul bouquet qui sera retenu sera celui de Cam-Dtv», avance notre source. En fin de compte, poursuit-elle, le seul bouquet qui sera retenu et avalisé par le Premier ministre est celui de Cam-Dtv. Les chaînes qui vont constituer ce bouquet Tnt vont répondre à des critères clairs et à un cahier de charges bien défini durant les travaux de consultation en cours au Palais des congrès. Il est donc possible que des chaînes de télévisions (nationales et/ou internationales) du bouquet actuel soient absentes du bouquet final

Cette «bataille» expliquerait pourquoi le ministère de la Communication n’est pas représenté durant ces travaux. Dans son discours hier, Louis-Paul Motaze marquait ses mots, comme pour dire qu’il prend les choses en main. «La migration au numérique doit certes se conformer aux prescriptions de l’Uit visant à l’utilisation rationnelle des ressources rares que sont les fréquences, mais elle doit aussi et surtout mettre l’accent sur le développement de contenus audiovisuels compatibles avec notre culture», tranche M. Motaze, par ailleurs secrétaire général des services du Premier ministre (Sg/Pm). Le Sg/Pm ne s’est pas prêté au jeu de questions-réponses des journalistes. Notre source, qui préfère parler sous le sceau de l’anonymat, précise que le bouquet actuel (du Mincom) est à titre «expérimental, juste pour voir si ça fonctionne.»

En réalité, la rixe Mincom-Cam-Dtv traduit, depuis plus d’un an, le manque de coordination gouvernementale qu’il y a dans la politique de migration du Cameroun vers la Tnt. «Il serait bon de faire savoir que le Cam-Dtv est en désaccord total et persistant avec tout ce que le Mincom dit ou entreprend et qui est en contradiction avec la volonté du gouvernement, tel que précisée dans le document de stratégie de migration au numérique, adopté en septembre 2012, avec M. Tchiroma comme vice-président du Cam-Dtv», déclarait, sur le forum des journalistes camerounais baptisé 237 médias, M. Wakata, conseiller du Pm. Tout porte à croire que le dossier Tnt a résolument changé de main. A moins que…

Monique Ngo Mayag

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