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Tchad: Plus d’une soixantaine de Camerounais arrêtés

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Des jeunes dont l’âge oscille entre 25 et 40 ans. Ils sont détenus à Klessoum, une localité située à 20 Km au Sud-Est de Ndjamena la capitale du Tchad. On leur reproche, la non détention de permis de séjour ou de travail selon les cas.

« C’est mon fils. Après l’obtention de son diplôme en informatique dans un institut de la place, il a trimé pendant des années, recherchant un emploi qu’il n’a pas eu. Un ami installé au Tchad depuis des années lui a fait la proposition de le rejoindre. Nous nous sommes battus pour qu’il puisse s’y rendre. Il  y a quelques jours que nous avons reçu le coup de fil d’une de ses connaissances sur place à Ndjamena nous informant de son arrestation».

La famille du jeune Aristide est inquiète. Alors qu’elle attendait que le fils prodige parti à la recherche d’une vie meilleure revienne les bras chargés, qu’une triste nouvelle tombe tel un couperet. «Nous avons appris qu’il est détenu loin de Ndjamena. Et qu’il n’aurait pas le droit de recevoir de la visite, encore moins de la nourriture. Le Tchad n’est pas à un jet de pierre d’ici. Pour que nous osions envisager un déplacement sur place et voir ce qu’il en est réellement. Nous osons croire qu’il sera, avec ses amis, remis en liberté et rapatrié au Cameroun», espère la famille.

Ils sont, a appris Le Messager plus d’une soixantaine  de Camerounais arrêtés à Ndjamena et déportés depuis plusieurs jours, affirme une source à l’Ambassade du Tchad à Yaoundé, à Klessoun, une localité située à 20 Km au Sud-Est. Parmi les personnes arrêtées un certain Kamna Paul. On leur reproche, pour certains la non détention de permis de séjour; et pour d’autres la non présentation du permis de travail. La police tchadienne avait interpellé certains au cours d’une rafle; et d’autres au cours des contrôles routiers.

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Selon des sources jointes par Le Messager au Tchad, la rafle visait à traquer des étrangers en situation irrégulière ou des personnes soupçonnées d’appartenance à la secte islamiste Boko Haram. Des contrôles menés conjointement par la police et la gendarmerie Tchadiennes à Ndjamena. Il ne fait pas l’ombre d’un doute, estime notre source au Tchad, qu’en dehors des Camerounais, des Centrafricains et des ressortissants d’autres pays ont également été interpellés. Ils ont également embarqué ceux qui étaient en règle. Seulement, souligne indignée notre source, .les autres représentants diplomatiques ont réagi promptement en faveur de la libération de leurs compatriotes. «Jusqu’ici, l’ambassade  du Cameroun n’a pas bougé le petit doigt»; regrette-t-il.

Toutes nos tentatives en vue de recouper l’information à la direction Afrique du ministère des Relations extérieures à Yaoundé se sont avérées vaines. Notons qu’il existe une libre circulation des hommes et des biens entre le Tchad et le Cameroun. Mais les ressortissants de l’un et de l’autre pays sont obligés d’établir un permis de travail ou de séjour lorsqu’ils veulent s’installer.

«Il n’est jamais trop tard au Cameroun où une dictature trentenaire a plongé un peuple dans une véritable léthargie politique à coup de restrictions des libertés, de répression politique, et de paupérisation généralisée », ironise un membre de l’opposition qui interpelle le gouvernement à voler au secours de ces compatriotes en détresse.

La réaction de Yaoundé attendue.

Blaise-Pascal DASSIE er Rodrigue TONGUE, Le Messager

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