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Téléphonie mobile: Nexttel au bord de l’implosion

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À peine installé, le nouvel opérateur de téléphonie mobile connaît des secousses internes. A l’origine, la quasi-absence du personnel local dans sa structure managériale.

La société de téléphonie mobile Nexttel alias Viettel est au bord d’une crise sociale. Dans un rapport adressé au gouvernement camerounais au sujet de l’état de gestion au sein de cette entreprise, les responsables locaux,  apprend-on, ne supportent plus la manière dont est géré l’opérateur de la 3G au Cameroun. Selon eux, « le directeur général dirige l’entreprise en maître absolu et prend des décisions stratégiques et tactiques sans informer ses collaborateurs, directeurs généraux adjoints, qui sont toujours surpris des actions entreprises par ce dernier.

Ceci a pour conséquence de créer un conflit permanent au sein de l’équipe dirigeante. Plusieurs réclamations ont été adressées, sans suite, au directeur général».D’autres sources plus précises, cette fois, rapportent que les deux directeurs généraux adjoints camerounais accusent le directeur général, le Vietnamien Vu Khanh Duy de verrouiller la gestion de l’entreprise. Pour eux, ajoutent les même sources, il procède à l’importation tous azimuts de la main d’œuvre vietnamienne, contrairement au cahier de charges. Bien plus, il est reproché au Dg d’instaurer le principe de la double signature pour les dépenses de la société détentrice exclusive de la 3G au Cameroun, et l’octroi aux Vietnamiens d’à peu près 500 postes légalement réservés aux nationaux.

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En effet, lors de la création de Viettel, il avait été convenu que pendant la phase d’implantation, le personnel vietnamien serait composé uniquement de techniciens, 200 au maximum. Mais aujourd’hui, constate-t-on, à l’insu de la partie camerounaise, l’on dénombre près de 400 Vietnamiens avec des profils administratifs, comptables, gestionnaires des ressources humaines. Toute chose qui va à l’encontre des dispositions du décret du 15 juillet 1992 fixant les conditions d’emploi des travailleurs de nationalité étrangère pour certaines professions ou certains niveaux de qualification professionnelle. En effet, selon l’article 2(1) dudit décret,«nonobstant les dispositions du code du travail relatives au visa des contrats des travailleurs de nationalité étrangère, les emplois de manœuvre, d’ouvriers ou d’agents de maîtrise ne peuvent être confiés à un étranger que sur présentation d’une attestation délivrée par les services de la main d’œuvre certifiant le manque de travailleurs camerounais dans la spécialité concernée ». 

Dans tous les cas, pour ramener la sérénité au sein de cette société qui doit créer 6300 emploies directs et indirects, la partie camerounaise exige ni plus ni moins que la régulation de la situation du personnel, la nomination des Camerounais à la tête des départements dédiés à l’administration, aux ressources humaines et aux affaires juridiques. Toujours est-il que le climat est devenu si délétère que le Premier ministre camerounais, Philemon Yang, a dû intervenir en se constituant médiateur entre les principaux responsables de l’entreprise vietnamienne. Malgré cette initiative de convoquer les deux parties dans ses services en septembre dernier, les responsables camerounais et vietnamiens se regardent toujours en chiens de faïence. C’est dire si un mois après le lancement de ses activités, le 3è opérateur de la téléphonie mobile se porte mal, et très mal.

© Mamouda Labaran | La Météo

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