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Surveillance et contrôle: le prix de la sécurité

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Mercredi 22 juillet, le Cameroun a encore fait l’objet d’un double attentat kamikaze perpétré par Boko Haram sur son sol. Deux femmes, dont l’une portant un bébé selon des témoins, se sont faites exploser au marché central de Maroua, capitale de l’Extrême-Nord, causant la mort de 13 personnes et blessant 32 autres, de source officielle.

C’est le 12 juillet dernier que le pays a fait pour la première fois, la triste expérience des attentats kamikazes. Au marché de Fotokol, deux kamikazes vêtus de burqa ont effectivement déclenché leurs ceintures explosives, tuant au moins 16 personnes. La première explosion a touché un bar au moment de la rupture du jeûne, et la deuxième a eu lieu au moment où des soldats venaient porter assistance. Ces attaques interviennent alors qu’une certaine accalmie règne dans la région depuis près de quatre mois. Une stratégie en trompe-l’œil de la secte Boko Haram, selon les autorités camerounaises compétentes. Lesquelles ne desserrent pas le dispositif de sécurité et la vigilance dans l’Extrême-Nord, les étendant même à l’ensemble du pays.

C’est que la lutte contre la secte islamiste implique de la détermination, de la persévérance, de la cohérence dans l’action. Face à la menace, des militaires, des gendarmes, des policiers avaient été mobilisés en grand nombre sur l’ensemble du territoire dès les premiers instants. Des comités de vigilance avaient été mis à contribution dans les villages reculés du septentrion. De même, le couvre-feu instauré dans les grandes villes ne permettait plus aux véhicules de transport de sortir ou de rentrer dans les cités locales au-delà de 20heures. La circulation avait été interdite aux motos dans les villes de la région au-delà de ladite heure. Depuis peu, l’usage des kamikazes (femmes, fillettes, hommes voilés) par Boko Haram a profondément changé la nature de la menace terroriste à laquelle le Cameroun fait face. D’où des mesures exceptionnelles pour renforcer la lutte contre la secte islamiste.

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Pour assurer la sécurité des citoyens, le gouvernement a complété son arsenal stratégique en autorisant les fouilles au corps dans les lieux de grands rassemblements comme les mosquées, les agences de voyage, les stades… Il en a été ainsi pendant la période du Ramadan. De plus, il faut désormais montrer patte blanche pour emprunter certains transports en commun tels que le train, les bus desservant plusieurs villes. C’est dans la même veine que des postes de contrôle se sont multipliés sur les axes routiers. Principalement aux entrées et sorties des grandes villes. Par ailleurs, différentes autorités administratives ont interdit le port de la burqa sur l’étendue de leur circonscription. Un ensemble de mesures qui seront certainement déployées sur l’entièreté semble des espaces publics (écoles, marchés, lieux de culte…) du pays pour plus d’efficacité. Etant entendu que, pour atteindre cet objectif, les populations devraient s’y soumettre de bonne grâce, tout en changeant leurs habitudes. Notamment celles relatives aux attroupements inutiles, signalement de toute personne suspecte dans le voisinage.

Yvette MBASSI-BIKELE

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