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Supposées listes de remaniement: les auteurs tombent les masques

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Derrière les récentes publications dans les médias de prétendus futurs membres du gouvernement, se cachent des syndicats du mal chargés de lyncher des personnalités de premier plan. Comme dans toute histoire puant le vice, avec le nouvel épisode qui anime le sérail en ce moment, la circulation des prétendus moutures du gouvernement, prend au fil du temps, les relents d’un feuilleton de seconde zone.

Le premier acte de cette saga a lieu en octobre 2013. Un remaniement postélectoral, avec une ébauche de la nouvelle équipe gouvernementale, est annoncé. Dans même la foulée, l’on explique qu’entièrement amorcée, l’ossature du gouvernement n’attendrait plus que quelques légers réajustements avant sa publication. Toutefois, le départ de Philemon Yang de la primature était d’ores et déjà une certitude. Rien ne vint. L’affaire se tassa d’elle-même.

En avril dernier, une «liste des ministres et directeurs généraux sortants» circule à nouveau. Accusés de détournements de deniers publics, leur avenir ne tient qu’à un fil, apprend-on. Le remaniement ministériel bloqué depuis des mois, voire des années déjà, devrait s’opéré du fait du déclenchement des poursuites judiciaires à leur encontre.  Paul Biya, une fois encore, se fit désirer pour publier le fameux décret annoncé. Comme ci cela ne suffisait pas, le mois suivant, un tract dénué de tout sens attribué au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, fait son bonhomme de chemin. Selon ledit prospectus, ‘’Jack Bauer’’ aurait proposé pour l’entrée au gouvernement, au chef de l’État, un ressortissant de l’Ouest en lieu et place d’un natif de la capitale.

Mardi 2 juin, le président de la République aurait reçu en audience le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé des Relations avec le Commonwealth, Joseph Dion Ngute. Les jours suivants, d’autres personnalités aussi. Suffisant pour des marionnettistes de monter au créneau et annoncer un nouveau gouvernement. En effet, pour ces bonimenteurs, le chef de l’État aurait entrepris des consultations en vue de la formation de remplacer l’équipe Yang II. Depuis lors, des noms circulent. L’on annonce un tel à tel poste. Pourtant, de sources concordantes, aucun remaniement n’est à l’ordre du jour dans l’agenda de Paul Biya». Cette source visiblement introduite explique : «Le président de la République a encore reçu le Premier ministre le vendredi 12 juin, pour le conforter et lui donner des consignes relatives à la visite économique qu’il effectue en ce moment en Chine en compagnie du ministre de l’Économie, du Plan et de l’Aménagement du territoire, Emmanuel Nganou Djoumessi, et du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Basile Atangana Kouna.» Traduction, l’équipe Yang II est encore là. Pour notre informateur, le passage de certaines personnalités à la tour de marbre d’Etoudi n’a aucun rapport avec des consultations pour un probable remaniement. «La présidence de la République est un service public comme tous les autres. C’est aussi le lieu où les patrons des différentes administrations viennent parfois prendre des directives pour la gestion des institutions à leur charge» conclut-il.

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La fabrique des «listes».

Au petit jeu du sensationnel, des médias prêtent le flanc à une campagne de manipulation à grande échelle. Quand ils n’en deviennent pas, parfois, des relais de l’intox. Ils sont en cela souvent inspirés, parfois «motivés» et généralement encouragés par des mains expertes tapies dans l’ombre. L’universitaire Pascal Charlemagne Messanga Nyamding confirme cette démarche pernicieuse dans les colonnes du quotidien Mutations : «(…) ces listes s’inscrivent dans une logique de désordre, instituée par des personnes qui ne veulent pas que le projet des grandes réalisations se matérialise. (…) Ces listes entretiennent au sein des institutions des conflits entre personnes.» Et parmi ceux qui se cachent derrière ces publications, il cite «des paparazzis politico-administratifs», «les escrocs» et «la presse à gages».

La fabrique des «listes» procède d’un souci inavoué de régler des comptes, permet de «tacler» par derrière une camarade d’appareil qui fait de l’ombre et de dégager la voie pour soi-même. Cette pratique peut également avoir le don d’embarrasser, de compromettre, voire de contrarier les plans du chef de l’État.

C’est donc une clique de mécréants sans foi ni loi, aux intérêts manichéens, qui manipule et manigance à l’intérieur même du système. Elle a établi des réseaux dans le petit monde des médias, suscite et oriente les sujets, finance leur traitement pour en tirer des bénéfices politiques conséquents.

© La Météo

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