Culture'Urbaine

Stromae, tout un style

stromae

Douala, le 19 mai, était l’un des stops de l’artiste belge sur son chemin pour plusieurs villes africaines. Une espèce de parcours un peu initiatique, qu’il a appelé, Stromae. Au-delà d’une tournée internationale qui, sur le continent africain, a commencé à Dakar, s’est poursuivie à Praia, va passer, entre autres, par Abidjan avant de s’achever à Kigali.

Au Rwanda, pays d’origine de son papa. Où sa dernière visite remonte à l’année de ses cinq ans. Retour aux sources donc, avec le plein d’émotions fait à chaque étape. Douala était l’une d’elles. Où il s’est arrêté ce 19 mai 2015, partageant la majeure partie des chansons de son 2e album et gros succès « Racine Carrée » (2013), avec notamment « Papaoutai », « Formidable », faisant des incursions dans son premier album « Cheese » (2009). Pour le plus grand bonheur des fans qui ont envahi par centaines l’air libre de la maison du parti à Bonanjo.

Et si le Belge Stromae avait été Catalan, sa devise aurait été « més que un músic ». Oui, plus qu’un musicien, l’homme est un véritable performer. Champion de la scène. Qui aurait cru qu’un corps aussi filiforme pouvait occuper autant l’espace, l’emplir ! Et jamais au hasard pour ce professionnel pointilleux au détail près… Il chante, « instrumentise » claviers et batterie, il joue, multipliant les rôles. Plus qu’un joli agencement de paroles soigneusement rendues au micro par un individu, ses chansons sont des saynètes. Il se fond dans la peau des personnages de ses histoires, avec ses intonations, sa gestuelle, ses costumes. Et l’écran LED derrière avec ses lumières, ses images, assure le côté décor. D’ailleurs, il avait averti à l’avance en conférence de presse la veille, il préfère le terme « spectacle » à celui de concert.

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Et c’est bien à un spectacle musical que l’on assiste. Il ne détonnerait point à Broadway, Stromae. On voit d’ici le titre : « Faces » (lire en anglais svp).

Artiste aux multiples facettes, chanteur, batteur, claviériste, programmateur, homme, femme, enfant, ivrogne, etc. Maître dans l’art du contrepied, textes graves sur des rythmes légers, électro, déchainés, qui invitent à bouger. Et le public s’y trompe. Il saute, il hurle, il crie. On se balance les bras en l’air, on dodeline de la tête. Hystérie générale. Pourtant, chez Stromae, il faut prêter l’oreille pour saisir l’importance des termes. Mots et maux s’embrochent et s’entrechoquent. Illustration parfaite avec « Quand c’est » pour conter les cruautés du cancer. Et on n’oublie pas le maniement du second degré (il a l’humour belge, quand même).

Maître du contrepied, Stromae, Paul Van Haver à la ville, l’est aussi dans son style vestimentaire. On a ainsi pu admirer son côté « dandy rétro flashy » qu’on n’imaginerait pas pour un beat comme le sien. L’adepte du nœud-pap et ses musiciens ont donné à voir des tenues sorties tout droit de sa ligne de vêtements, lancée l’année dernière avec un collectif d’amis, Mosaert. Anagramme de… devinez !

Rita DIBA

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