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Splendeurs et misères du carrefour de la joie de Yaoundé

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On connaît la ville aux sept collines, siège des institutions. Découverte d’un milieu indicateur ambiant de la température de son atmosphère des folies nocturnes les plus chaudes. Si pendant vos tourments d’ambiance dans la ville de Yaoundé vous continuez longtemps à chercher l’endroit où être, mieux « the place to be », votre aventure peut commencer et même s’arrêter ici au lieu-dit carrefour de la joie.  Dans ce lieu de culte situé en plein cœur du quartier Mvog Ada, les habitudes n’ont du tout pas changé depuis des lustres. De jour comme de nuit, se côtoient allègrement garçons et filles de joie, gentlemen dandy et personnalités en quête de sensations fortes. Pour ceux qui ne se retrouvent pas encore, ce lieu chargé d’histoire se situe à cheval entre l’avenue Germaine et le collège Ndi Samba.

On le nomme autrement ‘’Carrefour Pakita’’ en référence à Super Pakita, grand bar dancing où officiaient à une certaine époque, les Zombies de la capitale. Loin des sunlights, des tapis rouges et autres salons feutrés de la capitale politique, « le carrefour de la joie » porte bien son nom, et personne ne semble d’ailleurs se préoccuper de cette permutation constante de patronyme. Or ce qui est assez frappant lorsqu’on y dépose ses envies pour la première fois, ce n’est pas le bruit tonitruant de toutes ces musiques provenant du foisonnement des débits de boisson qu’on dénombre au mètre carré, mais plutôt le symbole de tout un endroit : Cette vieille tour en béton qui trône en plein carrefour depuis plus de deux décennies. Et pourquoi n’at-elle jamais été terminée ? N’allez surtout pas le demander à ses nombreux usagers qui y trouvent pour certains, un coin indiqué pour soulager quelques envies, ou à ceux-là qui y trouvent un refuge douillet. Toujours est-il que les abonnés du carrefour de la joie écument les buvettes du coin puisqu’ils connaissent assez bien ses codes et ses mystères.

Sex, Song and Soul

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Eric B, l’un des fidèles parmi les fidèles y trouve un endroit très convivial « Ici, tu vas retrouver tout le monde. Tes patrons, tes amis, et même des visages que tu as perdus de vue depuis de longues dates… ». Pour mieux s’en convaincre, un ancien tenancier qui a requis l’anonymat va plus loin : « A une certaine époque, on pouvait compter 15 bars ouverts en permanence, en dehors de Cascade, La gare de l’Est, de Pakita ou du Reich qui étaient toujours pleins à craquer… ». Et ce n’est du tout pas faux, lorsqu’on sait qu’aujourd’hui, la grande avenue qui part de Mvog Ada à Essos reste à Yaoundé, l’un des lieux privilégié où les disciples de Bacchus célèbrent les bacchanales. Quelques esprits malins ne manquent d’ailleurs pas à comparer le carrefour de la joie aux ‘’Restos du Keur’’. Pour les afficionados, évitez de suivre mon regard… Selon Alain C. qui lui a trouvé le gentil nom de famille de ‘’La City de la bière’’, « Les commodités de cet endroit résonnent autour de trois « S » que sont : Sex, Song and Soul… ».

Ce n’est certes pas le scénario catastrophique des blondes ou des brunes qui se consomment ici sous toutes leurs coutures, mais le maillon fort d’un secteur économique qui affiche toujours une prospérité insolente, celle de l’ambiance. Toutefois, entre fantaisies citadines et rigueurs culturelles, il nous revient encore en mémoire que, c’est toujours le carrefour de la joie qui avait été retenu en juin 2006 par le Délégué provincial de la culture du Centre, Michel Archange Tonyè, pour servir de cadre au lancement de la fête internationale de la musique à Yaoundé. «C’est ici que j’ai vu pour la première fois, les artistes comme Vincent Nguini, le Wengè Musica, ou encore le très célèbre Yannick Noah (…) Tous les grands musiciens du Cameroun se donnent souvent rendez-vous à cet endroit pour célébrer la musique » se souvient A. Ndzengué. Mais pour tous les esprits encyclopédiques de nuits arrosées qui ont flirté avec cet espace de détente, « On y part avec des regrets, mais on y revient par convictions personnelles »…

Sources : Le flux rss de camer.be

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