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Sommet de l’OIF : Hollande provoque le courroux des militants RDPC

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Pour les militants du parti au pouvoir le président français incite les peuples à descendre dans les rues tandis que le principal parti de l’opposition salue ce discours qui rejoint son « combat ».

Lors du 15ème sommet de la Francophonie tenu le week-end dernier à Dakar au Sénégal, François Hollande, président français a fait l’apologie de l’action menée par le peuple Burkinabé pour s’opposer au projet de modification de la constitution de leur pays et faire partir le président Blaise Compaore.

«Ce qu’a fait le peuple burkinabé doit faire réfléchir ceux qui voudraient rester à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel», a indiqué François Hollande qui réitère le soutien de son pays à toute initiative allant dans ce sens.

Ce discours dont beaucoup pensent qu’il s’adresse aussi au président camerounais, Paul Biya au pouvoir depuis plus de 32 ans, fait beaucoup de mécontents dans les rangs du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir.

«C’est dommage que le président actuel de la France François Hollande excite les peuples à descendre dans les rues pour obtenir les changements politiques. Là, il va contre ce que le président François Mitterrand avait regretté, que la société française ne doit pas avancer que par fracture, c’est-à-dire que chaque fois, il faut tuer les gens»,

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regrette Jean Ayissi Bessala, militant du RDPC pour qui le discours d’Hollande ne saurait d’ailleurs parler au Cameroun. «En réalité, ce qu’il a dit ne concerne plus le Cameroun. Il dit que les peuples doivent défendre leurs constitutions, la constitution du Cameroun n’interdit pas qu’un candidat, même s’il est au pouvoir se présente plusieurs fois», ajoute-t-il.

Du côté du Social Democratic Front (SDF), l’on semble cependant se réjouir de la position du président français, qui, selon Célestin Djamen, cadre avec les ambitions du principal parti de l’opposition. «Ça a toujours été le combat du SDF. Pouvoir au Peuple pour l’égalité des chances et je me demande même si Hollande n’a pas emprunté au slogan du SDF. Vous savez que le peuple burkinabé a exactement les mêmes stigmates comme nous : modification de la constitution en 2008, longévité au pouvoir. Hollande ne vient qu’en rajouter à ce que disait déjà le SDF depuis 24 ans aujourd’hui. Le peuple camerounais, croyez moi, n’est pas dans le calme, nous sommes dans le silence et le silence n’est pas à confondre avec le calme», indique le conseiller municipal de Douala 1er chez nos confrères de Radio Equinoxe.

William Tchango

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