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Société : Comment les droits de la veuve sont bafoués

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Mireille A. a perdu son époux il y a un an des suites d’une longue maladie. 12 mois après cette perte, conformément à la tradition, la veuve a « enlevé le noir » le week-end dernier. « Avant cela se faisait traditionnellement. Mais à cause des brimades, l’Eglise s’implique de plus en plus. C’est mon cas car c’est l’Eglise qui m’a sortie du veuvage. J’ai enlevé le noir que je portais depuis un an. Une messe a été organisée », confie l’intéressée. Désormais, elle peut porter des couleurs moins tristes.  Le lendemain, la belle-famille est venue pour récupérer les affaires personnelles du défunt (habits, bijoux, etc.). « Mes relations avec ma belle-famille sont moins difficiles que dans d’autres cas de veuves. Au terme des assises familiales, j’ai été désignée administratrice de biens de nos deux enfants et nous avons pu conserver la maison par exemple », explique l’intéressée.

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D’autres n’ont pas cette « chance ». En effet, après la perte de leur conjoint, le quotidien des veuves est très souvent loin d’être facile. Leurs droits étant dans beaucoup de cas bafoués. Selon l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf), il s’agit d’un ensemble de violences physiques, psychologiques et économiques subi pendant les obsèques et bien longtemps après, comme pour la punir du décès de son époux. Outre les violences physiques et psychologiques (bains glacés le matin, marcher nue devant des inconnus, dormir au sol, interdiction de se laver, etc.), il y a des pratiques comme le lévirat où un des frères du défunt va épouser la veuve pour la maintenir dans la famille et veiller sur les orphelins.

La femme est ainsi considérée comme faisant partie de l’héritage laissé par le mari. La situation est davantage compliquée quand il s’agit de la gestion des biens laissés par le défunt. Au mieux, dans bien des cas, la veuve est ici considérée comme  » gérante  » de la succession ou administratrice des biens du défunt et rarement héritière. Très souvent même, celles-ci sont écartées et ne peuvent jouir. Une situation qui précipite leur vie dans la précarité. Face à tous ces manquements aux droits des veuves, de nombreuses associations œuvrent pour l’humanisation voire l’abandon des rites de veuvage et le respect de leurs droits.

Steve LIBAM

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