Features

Smig: Le Cameroun parmi les derniers en Afrique

faux-billets-monnaie-Smig

Dans une échelle de 1 à 18 et bien qu’étant la locomotive en Afrique centrale, le Cameroun a le Smig le plus faible. La Guinée Conakry, le Bénin, se démarquent. En faisant une étude comparative de ces salaires, on constate que le Cameroun est bien en arrière, ce qui entrave son essor. Dans ce pays, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) qui était de 28 216 Fcfa est désormais passé à 36270 Fcfa, soit une hausse de 8000 Fcfa. Une hausse insignifiante au regard de ce qui se passe ailleurs. En effet, le pays des Lions indomptables avec ses 36 270 se classe derrière le Gabon avec 80 000 Fcfa, la Guinée Conakry avec 36 591 Fcfa, la République démocratique du Congo avec 90 000F, le Tchad avec 60 000. Les premières marches sont occupées par le Maroc, la Guinée Equatoriale, l’Algérie et la Tunisie avec respectivement 137 095F, 128 000F, 112 000F et 101 150F.

Un pays pourtant qualifié d’Afrique en miniature

D’après des historiens, cinq facteurs principaux contribuent à expliquer l’hypothèse selon laquelle le Cameroun serait une «Afrique en miniature». Il y a d’abord une localisation idéale au cœur du continent, puis une position latitudinale originale, une histoire morpho-structurale longue et contrastée, une situation au carrefour de grands courants migratoires, et un territoire dont l’histoire a voulu qu’il se trouve curieusement à la transition des Afriques francophone et anglophone. La vérité, sa position centrale et son étirement en latitude expliquent pourquoi ce pays abrite l’essentiel des types d’écosystèmes du continent. Cette position charnière dans un contexte de diversité des écosystèmes aura été l’une des raisons principales de la convergence des peuples et de cultures très diversifiées. Une position de transition enviable entre l’Afrique des forêts et l’Afrique des savanes, celle des plaines et des montagnes, l’Afrique francophone et anglophone, celle des animistes et de l’islam caractérise le Cameroun.

Le Smig naît des luttes syndicales

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Il s’agit, en effet, d’une exigence ancienne des travailleurs d`autant plus aiguë qu`ils ont été longtemps privés de droits syndicaux. Cette exigence n`est pas propre à la France et elle se manifeste sous des formes différentes selon les pays capitalistes. La question est portée à l`échelle internationale. L`organisation internationale du travail saisie émet quelques recommandations en la matière. En France, l’idée du salaire minimum apparaît très tôt lors d`un des plus anciens mouvements sociaux, celui célèbre des canuts lyonnais. Les historiens ont analysé sa genèse. L’un deux souligne : «… Une idée devient dominante dans les ateliers : pour lutter contre la diminution de salaire il faut arracher la fixation d`un tarif au-dessous duquel les fabricants ne pourront pas descendre. Déjà en 1789, 1793, 1811 et 1817, on avait ainsi réglé le prix du travail. Le tarif apparaît aux canuts comme le salut suprême». La question ne cesse d`occuper la scène sociale. Elle sera présente dans les grands affrontements de classes. En 1936 et en 1968. Les accords Matignon (1936) comportent un relèvement général des salaires, selon une échelle décroissante et stipulent : «un réajustement nécessaire des salaires anormalement bas». Les multiples conventions collectives, signées aux lendemains des accords Matignon, contiendront, effectivement, des salaires minima garantis par grandes catégories professionnelles.

Le minimum vital

Après les souffrances endurées pendant l`occupation par les salariés, on comprend que la notion de minimum vital se trouve placée au centre des préoccupations sociales. Cette notion de minimum vital est explicitement introduite dans le statut des fonctionnaires. Elle est alors largement admise par l`opinion. Sa popularité fait que les gouvernements et le patronat n`osent s’y opposer frontalement, alors que leurs conceptions libérales supposent de faire régner sur le marché du travail le maximum de concurrence entre les travailleurs pour approfondir leur exploitation. En conséquence, ils sont fondamentalement opposés au salaire minimum garanti puisqu`il tend à limiter les effets de cette concurrence. Dans les travaux préparatifs à l`adoption de la loi du 11 février 1950 qui établit un nouveau cadre légal à la «libre» discussion des salaires, cette revendication est présente et la loi aboutit, finalement, à la création d`un salaire minimal interprofessionnel garanti. C’est l’acte de naissance du SMIG.

Linda Mbiapa

Populaires cette semaine

To Top