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SEPT VILLAGEOIS TUÉS PAR BOKO HARAM À KOUBOUGUÉ

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L’armée a éliminé au même moment une vingtaine d’assaillants.

Dans la nuit du 24 au 25 octobre 2014, l’armée camerounaise a intensément pilonné à l’artillerie lourde, les positions de la secte Boko Haram à Gambarou. Les tirs ont commencé aux environs de 18h. Toute la nuit, les combattants de la secte sont restés terrés, répondant sporadiquement aux tirs de saturation des forces armées camerounaises.

Cette opération, selon des sources introduites, visaient à empêcher l’acheminement des renforts de la secte à Koubougué, une bourgade à l’intérieur du Cameroun et située à quelque sept kilomètres de Fotokol et où avait d’ailleurs atterri la veille, aux alentours de 14h, l’hélicoptère de l’armée ayant transporté sur la ligne de front le chef d’état major des armées, le général René Claude Meka.

De fait, profitant de la baisse du niveau d’eau de la rivière El Beid qui sépare Gambarou de la ville de Fotokol, des combattants de Boko Haram s’étaient infiltrés à Koubougué pour en faire leur tête de pont dans leur tentative de prendre Fotokol. Pendant donc que l’armée opérait un tir de barrage sur la ville de Gambarou, empêchant ainsi tout renfort en provenance de Gambarou, elle pilonnait en même temps les repaires de la secte à Koubougué. Ce pilonnage a été suivi d’un assaut au sol. Et au petit matin, la bourgade de Koubougué était de nouveau sécurisée.

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Au cours du ratissage, sept corps de villageois ont été retrouvés, dont celui d’un patriarche respecté dans le coin. Ils ont été sauvagement assassinés par les terroristes de la secte. Selon les témoignages des riverains, de nombreux assaillants ont trouvé la mort au cours de cette opération menée par l’armée. «Les terroristes ont profité de la nuit pour regagner l’autre rive avec leurs morts. Il y a eu beaucoup de morts, certaines personnes parlent d’au moins une vingtaine, mais moi je n’ai rien vu, j’étais terré chez moi», renseigne un riverain, l’un des derniers à traîner les pas dans ce village.

De fait, la majorité des villageois se sont installés depuis ces dernières 48h à Fotokol, derrière «Camtel». Dans les arrondissements de Fotokol, de Darak et de Hilé Alifa, l’assèchement des fleuves est une mauvaise nouvelle. Cela induit en effet que la secte va retrouver ses capacités de mouvements, et étirer au maximum le front dans la mesure où jusqu’ici, c’est elle qui a l’initiative des combats. «Nous nous attendons à passer des moments difficiles», explique Mahamat Guemé,  commerçant à Fotokol.

© L’Oeil du Sahel : YVONNE SALAMATOU

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