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Sécurisation du lac Nyos: Le Japon propose la surveillance

Au terme de son séjour en terre camerounaise, le Pr. Minoru Kusakabe, géochimiste donne des astuces pour parer à d’éventuelles catastrophes. Le Pr Minoru Kusakabe est formel, le dégazage du lac Nyos est pratiquement atteint. Mais en tant que géochimiste, acteur de l’opération, il a tout de même des appréhensions.

« Le lac Nyos a été vidé d’une bonne partie de gaz. Seulement, le magma est encore endormi », a-t-il relevé. Au cours d’un point de presse tenu vendredi dernier au siège de l’Agence japonaise de coopération internationale  (Jica), en présence de Umemoto Shinji, le représentant-résident, le scientifique a tenu à faire connaître le résultat de ses recherches sur l’origine de la catastrophe survenue en 1986 et les pistes pour éviter une éventuelle résurgence.

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Pour mémoire, le 21 août 1986, dans la soirée, le lac Nyos, au Nord-Ouest du Cameroun a explosé et libéré environ un kilomètre cube de dioxyde de carbone (Co2) causant des milliers de victimes et de déplacés. Le processus de dégazage avait démarré en 2001 avec une seule colonne de faible diamètre: 15 cm contre les colonnes de 26 cm installées par la suite. L’opération a connu une accélération en 2011 avec l’installation de deux autres colonnes de deuxième génération, lesquelles ont permis d’accroître les quantités évacuées. Gregory Tanyi Leke, chercheur à l’Institut de recherches géologiques et minières (IRGM), avait confié en 2013 dans les colonnes de Cameroon Tribune que : « Du gaz demeure dans le lac Nyos. Cependant, 70% des émanations du lac ont déjà pu être évacuées à ce jour ». S’agissant des quantités restantes, Sigha-Nkamdjou, hydrologue/géochimiste à l’IRGM, avait expliqué que dans trois ans, le dégazage complet du lac pourrait être envisagé. Même si, d’après lui, le système de dégazage n’empêche pas la recharge en Co2 provenant des chambres magmatiques. Un fait sur lequel le Pr Minoru Kusakabe voudrait attirer l’attention, car d’après lui, le lac Nyos est un lac de cratère situé au-dessus d’une poche magmatique. Il existe des lignes de failles qui partent de cette poche magmatique et entrent en contact avec le fond du lac. C’est donc une zone de volcanisme actif. Les émanations gazeuses s’accumulent en permanence au fond du lac.

« Les instances en charge du dégazage du lac Nyos, notamment le ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Minresi), le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd) et l’Irgm, doivent assurer le monitoring en veillant au fonctionnement continuel du dispositif installé dans le lac », a-t-il affirmé.
En 2016, l’opération de sécurisation du Lac Nyos arrivera à son terme.

Michèle FOGANG

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