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Scandale au Bac F3 : Le silence suspect de l’office du Baccalauréat et du Minesec

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Après la mise à nu des scabreuses magouilles survenues au sous-centre du lycée technique de Bafoussam Banengo, l’institution chargée d’organiser cet examen étonne par son mutisme.

Le Cameroun presque dans son entièreté, s’est montré terrifié au lendemain des révélations relatives à un scandale au baccalauréat F3 au sous-centre du lycée technique de Bafoussam Banengo. Malgré la flagrance des faits, ni l’office du baccalauréat du Cameroun (Obc); encore moins, le ministère des Enseignements secondaires (Minsec) ne se sont montrés ébranlés. Pour ces deux institutions, cette situation n’a visiblement pas de quoi émouvoir les Camerounais. Las d’attendre les éclairages, les candidats victimes de cet embrouillamini, se sont déportés la semaine dernière à Yaoundé accompagnés d’un avocat qui s`est saisi du dossier.

Et comme ça se passe de coutume au Cameroun, ceux-ci n’ont été reçus par personne. Les requêtes qu’ils sont allées déposer n’ont été reçues qu’à la réception du Minesec, de l’Obc et d’autres instituions où ils se sont rendus. Puis ils sont rentrés à Bafoussam, se replonger dans leurs tourments, continuant à scruter le ciel. Dans l’attente d’une probable explication de Dieu sur l’alchimie permettant à un candidat n’ayant pas composé d’être admissible. Ou encore sur la faisabilité de ce que des candidats pas admissibles au préalable soient convoqués pour les épreuves pratiques, et enfin définitivement admis.

Retour sur un scénario abracadabrant

Depuis la publication des résultats du baccalauréat technique, précisément dans la spécialité F3 (électrotechnique), le milieu de l’éducation est agité au Cameroun. À cause d’un scénario invraisemblable produit au sous-centre du lycée technique de Bafoussam Banengo. Dans ce sous-centre d’examen en effet, 76 candidats étaient inscrits au Bac F3. Des sources concordantes, 75 d’entre eux, ont effectivement pris part à l’examen. Soit un absent, en la personne de Jean Claude Mandja qui entretemps, aurait décroché un concours pour intégrer l’armée camerounaise. Les questionnements commencent à surgir lorsque contre toute attente, le nom de ce candidat dont l’absence lors des épreuves écrites aurait même été constatée par le chargé de mission, figure curieusement parmi les 61 admissibles de ce sous-centre d’examen.

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Par quelle alchimie celui-ci s’est-il retrouvé parmi les admissibles ? Mystère. Seulement la suite va révéler d’autres incongruités. Le 15 juillet 2015, les admissibles sont convoqués pour passer les épreuves pratiques. Après la première journée consacrée à l’épreuve d’«Essais et Mesures», les candidats dont les noms figuraient sur la listes des admissibles sont stupéfiés de constater qu’en plus d’eux, même les 15 recalés ont été convoqués pour la seconde journée. Sauf que, seuls 13 se présenteront. Puis vint le grand jour. Le 24 juillet dernier, les résultats définitifs signés du Dr Marie Annie Etoh, présidente du jury du centre d’examen (dans l’Extrême-Nord) où se sont faites les délibérations du sous-centre du lycée technique de Banengo, sont affichés. Le même jour, elle appose également sa griffe sur une autre liste dite « additive aux admissibilités » comportant uniquement les noms des 15 candidats convoqués au deuxième jour des épreuves pratiques.

Et parmi ces 15, 13 sont sur la liste définitive. Deux des précédents recalés, ont même la mention « Bien » dont la meilleure moyenne nationale. Sur cette liste définitive d’admis de 61 noms, 13 candidats figurant sur la première liste d’admissibles ne figurent point. Ce qui est possible si d’aventure, ceux-ci ont mal travaillé lors des épreuves pratiques. Mais ce qui peut être étonnant, c’est la curieuse coïncidence liée au fait que l’intégralité des 13 retenus sur la liste additive, soient définitivement admis et que par contre, 12 figurant sur la première liste d’admissibilité aient échoué. Pour ces derniers, cela sent du tripatouillage. Ils crient à l’injustice. Les démarches entreprises sur le plan local à l’effet d’avoir ample explications n’ont jusque-là pas prospéré. Joint au téléphone, le proviseur du lycée technique de Banengo a réfuté toute responsabilité qui serait sienne dans ces manœuvres louches. Pour lui, il faut soit se référer au centre de Maroua où les délibérations du sous-centre du lycée technique de Banengo se sont déroulées, soit se rapprocher de l’office du baccalauréat du Cameroun (Obc).

Depuis lors, cette institution brille par son mutisme. Un silence désinvolte, apparemment consentant.

Vivien Tonfack

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