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Sassou Nguesso, Kabila, Kagamé…Yayi Boni  sur les traces de Compaoré

Burkina - Compaore

Conscients des risques de troubles qui peuvent survenir s’ils s’accrochent au pouvoir, ces présidents africains sont concernés par la tentation d’un mandat de trop. Même s’ils ne semblent pas encore s’être publiquement prononcés.

La Loi fondamentale de leurs pays respectifs le leur interdit. A moins qu’ils procèdent à un changement, plusieurs chefs d’Etat africains dont nous recensons ici quelques-uns sont tentés, à l’instar de l’ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré aujourd’hui en fuite en Côte d’Ivoire, par un mandat de trop. Armando Guebuza 70, ans, est le président du  Mozambique. Réélu en 2010 à la tête du Frelimo, parti au pouvoir, a annoncé qu’il ne briguera pas un troisième mandat. Pourtant beaucoup, y compris son entourage, lui prêtent des intentions contraires, entretenant ainsi le doute. Hifikepunye Lucas Pohamba, 78 ans, est le chef de l’Etat de la Namibie. Sam Nujoma avait brigué et remporté un troisième mandat après avoir modifié la Constitution. Mais  son prédécesseur Hifkepunye Lucas Pohamba apparait comme un homme respectueux des lois qui, semble-t-il, n’envisage pas de prendre le chemin contesté de son aîné et prédécesseur.

Au Benin, Thomas Yayi Boni a fait la promesse qu’il ne se représenterait pas. Quelles que soient ses envies, il lui sera cependant difficile de se dédire après de tels serments.  Le 24 septembre, la Commission des lois du Parlement béninois a rejeté le projet de réforme constitutionnelle voulue par le président Boni Yayi. « Le projet actuel de révision proposé par le président n’est pas méchant, mais il est en deçà du minimum démocratique attendu. Le texte actuel n’est pas suffisamment représentatif des idées agitées dans le pays, par les forces vives, et formulées, à la demande du chef de l’État, en propositions de réformes par les commissions constitutionnelles. Il n’enrichit pas suffisamment la Constitution et ne permet pas d’apporter en un coup les réponses pourtant attendues et surtout disponibles aux dysfonctionnements de notre modèle constitutionnel», analysait  le constitutionnaliste Joël Aïvo. Pour qui « le rejet de la réforme cache une mine anti-personnelle, une grogne, une fronde. C’est un avis de révolution qui a été délivré au gouvernement».

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Denis Sassou Nguesso aujourd’hui âgé de 71 ans n’en est pas moins tenté par la modification de la Constitution qui devrait lui permettre de briguer un autre mandat. Bien qu’il ne se soit pas encore prononcé sur la question, au Congo,  beaucoup lui prédisent une candidature de plus en plus considérée comme probable. Via un référendum constitutionnel sur un changement de régime ? « Comme tout bon dictateur endurci, Denis Sassou-Nguesso entend rester aux commandes du Congo jusqu’à sa mort. Pas question de laisser la jouissance de l’importante manne pétrolière du pays entre d’autres mains comme en 1992.  Mais pour cela, il lui faut d’abord modifier sa Constitution actuelle qui, bien que taillée sur mesure, ne lui accorde que deux mandats et impose une limite d’âge à 70 ans. Et naturellement, ça ne sera pas une épreuve difficile pour lui. Plus que jamais sûr de son pouvoir, il est serein. En effet, galvanisé par des certitudes de sa longévité aux affaires compte tenu notamment de l’absence d’une opposition forte et capable d’inverser les rapports de forces, l’enfant d’Edou ne compte pas s’arrêter en si bon chemin », croit Bienvenu Mabilemono, Sg du Mouvement pour l’unité et le développement du Congo (Mudc).

Idem pour Joseph Désiré Kabila de la République démocratique du Congo. A 42 ans, le président de la Rdc a affirmé qu’il respectera « l’esprit et la lettre » de la Constitution. Mais un report de deux ans de l’élection présidentielle est envisagé. Au Rwanda, Paul Kagamé lui âgé de 56 ans a toujours  répété qu’il se soumettrait à la Constitution. Mais il a laissé s’ouvrir un débat national sur la paix, la sécurité et le développement du Rwanda dont devrait découler l’identité (secondaire aux yeux) de la personnalité la mieux à même de garantir les valeurs cardinales. Ellen Johnson Surlearf 75 ans semble avoir pris goût au pouvoir. A l’aube de sa réélection fin 2011, elle disait vouloir « terminer ce qu’elle avait commencé ». En 2017, elle devrait toutefois respecter la Constitution, consciente des risques de troubles qui pourraient survenir si elle s’accrochait au pouvoir.

B-P.D.   

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