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Santé: L’insuline introuvable à Yaoundé

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D’après plusieurs malades diabétiques de l’hôpital central de Yaoundé, depuis ce matin, les responsables de cette institution hospitalière en se fondant en excuses leur répètent que leur principal médicament, l’insuline est en rupture de stock et ne pourra qu’être disponible lundi.

« Incroyable ! La guerre contre les terroristes de Boko Haram a-t-elle aussi atteint l’approvisionnement en médicament ? » S’exclamera un parent de patient de l’hôpital central devant cette annonce. Les patients y compris plusieurs curieux venus s’enquérir de la situation au Centre de diabète auront dans la matinée la réponse de l’infirmière, gérante de la pharmacie, qui les orientera à la pharmacie de l’hôpital de la CNPS où, selon elle, il était encore possible de se ravitailler. Hélas s’étant rendu à l’hôpital de la CNPS, la pharmacienne nous indiquera qu’il y a également rupture de stock et que l’approvisionnement ne serait possible que lundi. Idem pour toutes les pharmacies que  nos sources ont essayé de parcourir pour se rassurer de l’indisponibilité du produit.

« Que vont devenir nos parents et les nombreux patients qui souffrent de manque d’insuline de Vendredi jusqu’à lundi ? » Va s’exclamer F. Suffo. Rencontré lors de l’investigation. Ce fils de patient nous apprendra que s’il ne trouvera pas le médicament, son père passera un très mauvais week-end avec un grand risque de faire une crise diabétique avec de nombreuses conséquences. Son organisme étant très habitué ne pourrait supporter un jour en manque sans faire une réaction.

Le Cameroun, pays de plusieurs questionnements ne semble pas surprendre par une telle attitude. D’après les éclairages d’un pharmacien, cette situation n’aurait jamais dû se poser parce que la CENAME qui est l’institution étatique habileté à s’approvisionner pour le compte de l’Etat et des privés a tous les moyens et les mécanismes pour acheter et ensuite mettre à la disposition des pharmacies et officines des médicaments aussi sensibles que l’insuline. Il précisera : « Il est encore possible de plaisanter avec le paracétamol.

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Mais pas avec des produits essentiels et très sensibles. Si vous vous souvenez lorsqu’il y avait eu rupture des ARV dans tout le Cameroun, la leçon n’a pas été retenue. Tout simplement, notre pays souffre de dysfonctionnement incompréhensible dans la mesure où l’on sait que dans le monde l’industrie du médicament est en perpétuelle concurrence, le problème de l’exclusivité ne devrait se poser. Dans le cas de l’insuline qui ne vient que sous une seule marque, il est difficile de prévoir les fluctuations du marché. »

Par contre un fonctionnaire du Ministère de la santé ironise en expliquant la probabilité que le Ministère des Finances puisse avoir des lourdeurs dans la mise à disposition de la ligne budgétaire qui permet de subventionner un certain nombre de médicament destiné à la consommation de la population sans imputer les coûts totaux aux consommateurs. Si cette idée n’est pas encore confirmée par le gouvernement, il est tout de même important de signaler le retour de l’insuline, confirmé par tout le monde, lundi.

A qui le tour dans les prochains jours ? Et est-ce que la crise financière qui frappe de plein fouet le Cameroun avec l’entrée en guerre va voir l’accentuation ou la négligence de plusieurs dépenses prioritaires importantes pour l’équilibre de la population ? Des quidams en mal de sensation annoncent des cotisations pour des efforts de guerre alors que des sources parlent d’une dépense de 16 milliards de Fcfa mensuelle dégagée pour supporter la « bourrasque » Boko Haram. De qui se moque-t-on ?

Yannick Ebosse

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