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Santé : Faites vous dépister contre ces cancers qui tuent nos femmes

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Lorsque le sein ou le col de l’utérus son atteints, il y a de quoi s’alarmer. Le dépistage rapide contre les Cancers reste le seul moyen pour faire barrière à ces maladies.

Parlez des cancers aux femmes et elles perdent le sourire. Du moins pour celles qui en savent un bout ; comme Arlette, âgée de 40 ans, rencontrée ce 25 février 2015 à Yaoundé. Cette enseignante des lycées souffre du cancer de sein depuis 3 ans.

« J’avais constaté l’apparition d’un bouton au niveau de mon sein depuis un an environ. Lorsque je suis allée un jour faire un dépistage à l’hôpital Central de Yaoundé, on m’a fait comprendre que je souffre du cancer de sein », se souvient-elle. Au début des premiers signes de la maladie, Arlette était loin d’imaginer qu’il s’agissait d’un cancer du sein « Je croyais surtout que j’avais un bouton simple qui était apparu au niveau de mon sein. Je croyais que le bouton allait finir par disparaitre.

Mais au fur et à mesure qu’il grandissait, la peur a commencé à s’installer. Il a fallu que mon époux me demande d’aller à l’hôpital. C’est là-bas que j’ai appris que je souffrais du cancer de sein », témoigne Arlette. Il y a quelques mois, elle a été opérée. Depuis, Arlette utilise des prothèses mammaires. Mais les douleurs n’ont guère disparu. Il lui arrive même de perdre le sommeil tellement elle a mal. Si Arlette parle de sa maladie sans complexe, ce n’est pas le cas d’Isabelle, mère d’un enfant et vendeuse dans un supermarché de Yaoundé. Elle est prise en charge depuis 3 mois à l’hôpital Central de Yaoundé pour un cancer du col de l’utérus. Evidemment, la maladie touche à son intimité, et la jeune rencontrée ce 6 mars 2015 en parle avec beaucoup de gêne.

Encore qu’il a fallu la convaincre. « Je constatait l’écoulement du sang chaque fois que je faisais ma toilette intime. Je me suis fait consulter par un gynécologue qui m’a conseillée de faire le dépistage du cancer du col de l’utérus. Quelques semaines après, j’ai eu la confirmation que j’étais atteinte de cette maladie. Je souffre régulièrement des constipations », raconte Isabelle. Cette patiente qui est mariée s’est vue interdire tout rapport sexuel pendant son traitement qui va durer entre 6 et 9 mois.

Ignorances

Le Pr Paul Ndom est oncologue encore appelé cancérologue. Il explique que le cancer du col de l’utérus se manifeste par une petite plaie au niveau de l’utérus. Lorsque la plaie évolue, il y a un saignement spontané provoqué soit par la toilette intime, soit par les rapports sexuels. La patiente peut ressentir des douleurs pelviennes au fur et à mesure que la maladie évolue. Généralement, le col de l’utérus cause des problèmes urinaires et des constipations. Le mal est tout aussi grave que le cancer de sein.

Pourtant, avant son dépistage, Isabelle ne savait rien du cancer du col de l’utérus. Tout comme Arlette, l’enseignante qui ignorait jusqu’à l’existence du cancer de sein. Pourtant ces deux maladies sont les cancers féminins les plus récurrents, affirme le Pr Paul Ndom. A côté, il y a des pathologies moins fréquentes. A savoir le cancer de l’endomètre ou cancer du corps utérin. Il se développe à partir de l’endomètre qui est un tissu de l’utérus. Le cancer de l’ovaire est également présent, tout comme cette autre forme de cancer féminin appelé chorio calcinum. Pour le Pr Ndom, l’enjeu majeur réside dans le dépistage.

Pourtant, il déplore le fait que les femmes sont très souvent ignorantes de leur état de santé. Or les chiffres inquiètent. 10% des décès au Cameroun proviennent des cancers comme celui de sein ou du col de l’utérus.

« Le cancer du sein par exemple n’est pas une maladie fatale. Vous pouvez facilement la guérir lorsque la maladie a été vite diagnostiquée. Toutes les femmes doivent constamment se rendre dans les formations sanitaires pour faire le dépistage », explique Bernadette Ngo Nonga, médecin.

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Cette autre spécialiste renseigne que le cancer de sein se manifeste par l’apparition des oedèmes sur la peau et l’apparition des ganglions au niveau du cou. Pascal Foumane, gynécologue, ajoute que le cancer de sein concerne principalement les femmes en âge de procréation, mais surtout celles qui ont déjà atteint l’âge de ménopause.

Selon lui, la tranche d’âge de la fréquence se situe entre 45 et 75 ans. « A Yaoundé, sur 100 femmes atteintes d’un cancer, au moins 29 souffrent du cancer de sein », explique le gynécologue. Il conseille à chaque femme en âge de procréer de se faire dépister une fois par mois après l’apparition des règles. Pascal Foumane rappelle que les principaux facteurs de risque du cancer de sein sont l’âge, l’obésité, la non-procréation et les antécédents familiaux. A ce sujet, Arlette confie que deux de ses soeurs vivant au village souffrent également du cancer de sein. Ces deux là ont été dépistées il y a quelques semaines lors d’un séjour dans la capitale. En effet, la prise en charge du cancer se fait exclusivement dans les formations sanitaires de 1ère et de 2ème catégorie qu’on trouve dans les villes de Yaoundé et Douala.

« Les cancers sont un problème sérieux dans notre pays qu’on ne saurait plus laisser au personnel de santé. Chaque personne a un rôle à jouer pour limiter la propagation de ces maladies au Cameroun », prévient le Pr Ndom.

Il a ouvert le centre Sochimio situé non loin du secrétariat d’Etat à la Défense en charge de la Gendarmerie nationale, à Yaoundé. Le centre informe et sensibilise les femmes sur la prévention du cancer de sein. Les séances d’éducation et de sensibilisation gratuites se déroulent tous les derniers mercredis du mois.

Arlette assiste à la séance de ce mercredi 25 février 2015 qui a pour thème « reconstruction et prothèse mammaires après ablation du sein ». « J’ai appris qu’on peut nous donner des informations dans ce centre pour lutter contre cette maladie. C’est pourquoi je suis venue », dit l’enseignante. La séance est animée par les professeurs Paul Ndom et Bernadette Ngo Nonga. Ils entretiennent une assistance d’une cinquante de femmes venues de divers quartiers de la capitale. Elles reçoivent des informations sur les différents coûts de prise en charge du cancer, les conseils dès l’apparition des premiers signes de la maladie et les conseils sur l’utilisation des prothèses mammaires. Au terme de la séance, une dizaine de prothèses sont distribuées à quelques femmes malades.

Le poids financier

Le Pr Ndom assure qu’il est facile de soigner un cancer de sein lorsqu’il est au début. Il faut se faire examiner dès l’apparition d’un bouton sur le sein. La maladie devient de plus en plus compliquée lorsqu’elle atteint la phase de la « métastase » ; ce qui veut dire que la mal va audelà du sein et attaque également d’autres organes comme les poumons ou le cerveau. Le spécialiste rappelle que le cancer du sein est une cellule qui se multiplie pour former un amas de cellules appelées tumeur. Cet amas peut prendre la forme d’un citron ou déformer le sein. La guérison du cancer de sein et celui de l’utérus dépend du moment de son dépistage, mais le coût du traitement est encore supporté difficilement par bien de patientes qui se rendent dans les hôpitaux publics et d’autres établissements de prise en charge.

Pour le cancer de sein, le malade doit débourser 150.000 F.Cfa pour les examens. Ensuite, la radiothérapie coûte en moyenne 250.000 F.Cfa, alors que la chirurgie est facturée 300.000 F.Cfa. L’intervention chirurgicale est aussi recommandée à la majorité des patientes du cancer du col de l’utérus. L’opération coûte en moyenne 500.000 F.Cfa. Une femme atteinte au col de son utérus ne peut pas concevoir jusqu’à la guérison complète. « Le plus difficile est de trouver les moyens financiers. J’ai déjà dépensé plus de 400.000 F.Cfa pour les examens et l’achat des médicaments », affirme Isabelle qui doit dépenser environ 700.000 F.Cfa pour soigner son cancer du col de l’utérus. « Mon époux ne travaille pas. Je me débrouille toute seule pour trouver de l’argent. Je me suis endettée auprès de plusieurs personnes », se lamente la jeune femme.

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