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Samuel Eto’o: Ballon d’or de l’action syndicale dans la tanière

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 A trop vouloir montrer qu’il défend l’interêt collectif, le goléador Samuel Eto’o a fini par alimenter une guerre ouverte entre les dirigeants de la Fécafoot, le Minsep et lui même. Depuis lors, le syndicaliste semble malheureusement déteindre de façon maladroite sur le talentueux footballeur.

Novembre 2011. Les Lions sont au Maroc à la faveur de la LG Cup. Les joueurs présents réclament le paiement de la prime de présence et conditionnent leur départ pour Alger par l’émargement des 1500 euros par personne. La Fécafoot joue les petits dieux et balaie les revendications d’Eto’o et ses coéquipiers du revers de la main. Mais au final, le boycott est confirmé et le match est annulé. La cible est toute trouvée: Samuel Eto’o. Le capitaine des Lions est accusé d’avoir incité ses pairs au boycott. Après sa comparution devant la commission de discipline de la Fécafoot, l’ancien societaire de Majorque est lourdement sanctionné. 15 matches de suspension. La rue gronde, les fans sont aux abois, la presse crie au scandale. Les anciennes gloires montent au créneau et prennent fait et cause pour le meilleur footballeur camerounais en activité. Les politiques s’en mêlent.

Outré, Eto’o va étaler en mondovision l’incompétence de la Fécafoot. Sans état d’âme, il jette Iya Mohamed en pâture. Les deux amis d’hier se regardent désormais en chiens de faïence. 27 août 2012. Rappelé pour la première fois depuis sa suspension en novembre 2011, Samuel Eto’o annonce décliner sa sélection avec les Lions Indomptables. Le quadruple ballon d’or dit prendre sa retraite internationale dans la foulée. « Les insuffisances que j’ai eues à décrier de façon récurrente en tant que capitaine demeurent », explique le capitaine de l’Anji Makhatchkala dans un courrier adressé au président de la Fécafoot et publié sur son site. Et de poursuivre, « notre équipe nationale fanion continue de baigner dans un environnement caractérisé par l’amateurisme et la mauvaise organisation, incompatible avec les exigences du sport de haut niveau. » Alors qu’il avait été rappelé par Denis Lavagne pour le match de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations 2013, le 8 septembre face au Cap-Vert.

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Pas de primes, zero Mondial

Revenu en sélection en juin 2013, Eto’o a, à plusieurs reprises, fait faux bond à son pays. Notamment lors des deux derniers matchs des éliminatoires du Mondial 2014. Il avait même cessé de manger avec ses coéquipiers lors des regroupements, ne se montrait plus très présent avec eux, mais se comportait davantage en syndicaliste qu’en footballeur. A la veille de la rencontre contre le Togo, il avait été signalé indisponible sur blessure. Puis en août, il effectuait un énième retour lors d’un stage à Lisses (France). Le Cameroun se qualifie. Nouveau coup de froid, a la veille de la competition, Samuel Eto’o et ses camarades refusent de prendre l’avion pour le Bresil au motif que les bonus financiers promis par la Fécafoot seraient insuffisants.

Suffisant pour faire bloc et annoncer qu’ils ne quitteront pas leur hôtel, tant que cette affaire ne sera pas résolue. Les Lions obtiennent gain de cause et vont au Brésil. A la veille du premier match (Cameroun-Mexique), le capitaine sur qui tous les espoirs sont fondés, au lieu de se concentrer sur la rencontre, écrit au peuple camerounais pour justifier ses élans de syndicaliste accompli. Cerise sur le gâteau, il ne joue qu’un seul match sur trois a cette Coupe du monde et annonce dans la foulée un gros deballage. Puis silence radio. « A quoi joue-t-il ? », s’interroge-t-on.

Leadership de Samuel Eto’o contesté

Promu capitaine de la tanière sous l’ère Paul Le Guen, le meilleur joueur de l’histoire des Lions indomptables, est au centre de toutes les tensions. Son capitanat ne fait pas l’unanimité au sein d’un groupe où son leadership est contesté. Du coup, on vit une balkanisation où les clans s’opposent s’ils ne s’affrontent pas au détriment de l’équipe qui s’enlise. Même si d’aucuns, pour relativiser soutiennent que des clans, ça existe partout, il demeure que la problématique est loin d’être celle de l’existence des clans, mais de son impact sur la performance et les résultats. Leader incompris ou overdose d’Etoo-dépendance ? Qu’importe. C’est clair que notre Eto’o national est un vrai syndicaliste.

C. T.

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