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Sa fille de 6 ans a été retenue pendant quatre jours à Roissy

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Elle a eu beau montrer les initiales de sa fille tatouées sur son poignet, son certificat d’accouchement, le livret de famille et des photos de classe, rien n’y a fait. Il a fallu quatre jours avant que Stéphanie, habitante de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), puisse récupérer sa fille Andréane, 6 ans, arrivée samedi dernier du Cameroun pour passer l’été avec elle.

Stoppée au contrôle des passeports de l’aéroport de Roissy, l’enfant qui vit à Yaoundé avec sa grand-mère, a ensuite été placée en zone d’attente jusqu’à ce mardi.

« Je suis écœurée, je veux comprendre ce qui s’est passé. On est Français, mais en fait pas vraiment », souffle la jeune femme de 35 ans, enceinte de huit mois. Elle-même est née en France et n’a comme sa fille qu’une nationalité, la française. « Une plainte va être déposée, indique Me Sidonie Leoue, avocate de Stéphanie. Nous demandons également que les papiers de l’enfant soient restitués dans les plus brefs délais ». Vendredi, Bernard Cazeneuve a donné « des consignes » pour faire en sorte que « les vérifications soient menées dans des délais très courts, notamment lorsqu’il s’agit de jeunes enfants ». Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a également ouvert une enquête.

Ce samedi-là, quand la petite fille arrive à Roissy, les douaniers ne la laissent pas passer. Selon eux, l’enfant qui se tient devant eux n’est pas celle de la photo qui figure sur son passeport. Il est 6 h 30 du matin. Et le calvaire commence. « Je l’attendais et voyant l’heure tourner j’ai commencé à m’inquiéter, raconte Stéphanie, encore bouleversée par cette histoire. Personne ne voulait me répondre. »

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A midi, la jeune maman apprend que sa fille a été transférée en zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI), à l’autre bout de la plate-forme. « On m’a demandé d’amener tous les documents que je pouvais pour prouver les liens de filiation », raconte la jeune femme qui se rend tous les trois mois au Cameroun pour voir sa fille. Mais ce soir-là, c’est seule qu’elle rentrera chez elle. Comme le lendemain et le surlendemain, malgré des journées passées sur place à attendre. L’ancienne école d’Andréane, qui a vécu à Cergy avant de suivre sa grand-mère en Afrique il y a deux ans, sera également contactée.

Ce n’est que mardi que tombe la décision du juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-saint-Denis). « Au moment de l’énoncé, elle a crié Je suis libre maman !, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater en sanglots, glisse cette assistante de direction, les yeux embués. Je me suis sentie totalement méprisée. Toute cette histoire a cassé quelque chose entre moi et mon pays. »

« Il s’agit d’une situation exceptionnelle, assure Mathieu Debatisse, procureur de Bobigny. Il y a eu suspicion sur la validité de la photo. Il a donc fallu s’assurer que la personne était bien titulaire de ce document. Les mineurs font l’objet de toutes les attentions. Ils peuvent faire l’objet de trafic, d’enlèvement. Il faut être vigilant pour ne pas les remettre à n’importe qui. Cela n’a pu être fait que le lundi après-midi, les administrations étant fermées le week-end. »

Pendant son attente, Andréane a pris sous son aile une petite fille de 3 ans, Fanta, placée en ZAPI pendant cinq jours après être arrivée de Côte d’Ivoire avec un faux passeport. Son père, également en situation irrégulière, explique avoir agi de la sorte « pour éviter qu’elle ne soit excisée » selon l’AFP. Les policiers ont eu un doute sur leur lien de parenté.

© Source : leparisien.fr

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